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Coupe du Monde

Saison 2019-2020 – Preview dames

Les italiennes, Hanna Öberg, Denise Herrmann, les norvégiennes, les bleues, Kaisa Mäkäräinen. Nous nous sommes posés six questions sur la prochaine saison féminine. Découvrez également les pronos de la rédac’.

Nouvelle explication italienne ?

La suprématie italienne va-t-elle se poursuivre cette saison ? Championne du monde et vainqueur du général en mars, Dorothea Wierer a dû batailler jusqu’au bout pour s’emparer du gros globe de cristal face à sa coéquipière Lisa Vittozzi. Un dernier hiver exceptionnel pour nos amis transalpins qui pourrait perdurer ces prochains mois avec également les Championnats du Monde à Antholz. Si ces mondiaux à la maison seront leur grand objectif, il est certain que les deux italiennes ne se contenteront pas de breloques d’or et viseront une fois de plus les hauteurs du classement général. Mais depuis le début de l’été, les courbes semblent s’inverser entre Dorothea Wierer et Lisa Vittozzi.

“La sappadina” a connu un été prolifique avec des victoires à foison (City Biathlon de Wiesbaden, Martin Fourcade Nordic Festival, championnats nationaux). Elle a même rivalisé sur une course de fond face à Denise Herrmann lors des championnats d’Allemagne à Ruhpolding. Une préparation idéale sans le moindre pépin qui la place logiquement dans le wagon des favorites pour cet hiver. À l’inverse, Dorothea Wierer a connu des derniers mois en dents de scie : sollicitations, manque de motivation, soucis de santé,… l’italienne aura connu “le revers du gros globe” et ne se présentait pas à Ostersund avec le plein de confiance jusqu’à ce week-end rassurant à Sjusjoen où elle a notamment remporté la mass-start de façon autoritaire. Des signaux encourageants pour celle qui termine systématiquement dans le top 5 mondial depuis maintenant quatre saisons. “Doro” devra donc faire parler son expérience pour jouer une nouvelle fois devant cet hiver et défendre son trône coûte que coûte !

© ANSA

Conclusion : Les courses de Sjusjoen nous ont donné un avant-goût de cette saison qui verra certainement une nouvelle lutte acharnée pour le gros globe entre les deux italiennes.

Hanna Öberg prétendante au gros globe ?

Elle sera sans aucun doute l’une des filles à surveiller cet hiver. Hanna Öberg, du haut de ses 24 ans, joue déjà dans la cour des grandes. Championne olympique surprise à PyeongChang en 2018, sa dernière saison a confirmé toute l’étendue de son talent : vainqueur du petit globe de la mass-start, cinquième du général, deux victoires dont son titre de championne du monde de l’individuel acquis à domicile. Si elle s’était focalisée principalement sur les mondiaux l’an passé, la suédoise voudra très certainement rêver encore plus grand pour cette nouvelle saison. Des rêves de cristal ! Le seul point d’interrogation reste sa régularité sur tout un hiver dans l’optique d’une bataille pour le général. Mais la surprise des Jeux de Corée n’en serait plus vraiment une si elle parvenait à décrocher le graal tant convoité fin mars.

© IBU

Conclusion : Peut-être encore un peu “tendre”, Hanna Öberg sera tout de même une adversaire coriace pour le gros globe cet hiver.

Denise Herrmann, digne héritière de Laura Dahlmeier ?

“Équipe allemande féminine cherche une nouvelle leader.” L’Allemagne est un peu une nation orpheline après l’arrêt prématuré de la carrière de Laura Dahlmeier. À seulement 26 ans, la biathlète de Garmisch-Partenkirchen a décidé de ranger définitivement les skis et la carabine. Une carrière de courte durée mais riche en succès, à l’image de Magdalena Neuner qui avait elle aussi dit adieu au monde du biathlon très rapidement. Laura Dahlmeier désormais absente, la nation germanique se cherche une nouvelle chef de file pour les années à venir. Et Denise Herrmann est prédestinée à prendre ce rôle.

À bientôt 31 ans, l’ancienne fondeuse se voit confier les rênes d’une équipe en pleine reconstruction (mais toujours aussi redoutable) et devra subir, comme ses prédécesseures, la pression médiatique importante outre-Rhin. Si son dernier hiver avait démarré timidement, elle n’a cessé de monter en puissance au fil des semaines, jusqu’à décrocher le titre mondial sur la poursuite devant Tiril Eckhoff et… Laura Dahlmeier ! 8e au rang mondial et première allemande, elle a déjà prouvé qu’elle pouvait s’imposer comme la nouvelle leader de l’équipe. De plus, ses performances sur la scène nationale cet été n’ont fait que renforcer cette tendance. Capable de gros coups d’éclats, elle sera désormais attendue sur toute une saison. Épaulée par Franziska Hildreband, Franziska Preuss et Vannessa Hinz sur les relais, Denise Herrmann se voit confier la lourde responsabilité de mener une équipe allemande post Dahlmeier.

Au niveau de sa préparation, notons une très belle deuxième place sur la mass start de Sjusjoen lors des sélections norvégiennes après avoir fait l’impasse sur le sprint. De quoi aborder la nouvelle saison avec de la confiance.

© IBU

Conclusion : Denise Herrmann devra tirer l’équipe d’Allemagne vers le haut cet hiver mais pourra compter sur une coéquipière comme Franziska Preuss (neuvième du dernier général) pour l’épauler dans cette mission. En attendant l’éclosion d’une nouvelle pépite ?

Le rebond pour les bleues ?

Comme les allemandes, les françaises devront faire sans l’une de leurs capitaines de route cette saison. Anaïs Chevalier, maman d’une petite Emie née fin octobre, va mettre sa carrière de biathlète entre parenthèses et reviendra à la compétition l’hiver prochain. Une absence de poids dans les rangs tricolores alors que les bleues auront à cœur de faire mieux que l’an passé. Zéro succès individuel, aucune fille dans le top 15 mondial, et une irrégularité persistante sur le pas de tir. Un cru 2018/2019 compliqué dont Vincent Porret a payé les pots cassés. L’entraîneur du tir féminin, en poste depuis seulement un an, a été remplacé cet été par Franck Badiou. L’ancien coach de l’équipe masculine entre 2016 et 2018 s’est engagé jusqu’aux JO de Pékin 2022 et sera certainement l’une des clés dans le retour de résultats des filles.

Une équipe de France composée de 4 piliers : Justine Braisaz et Julia Simon, les deux biathlètes des Saisies, en forme cet automne sur les championnats de France. Célia Aymonier, auteur de son premier 10/10 fin mars à Oslo. Et bien évidemment Anaïs Bescond, la franc-comtoise, la plus expérimentée de l’équipe et récente championne de France de la poursuite, malgré une préparation tronquée par une blessure au genou gauche. Caroline Colombo, la belle surprise tricolore la saison passée et Chloé Chevalier, complètent les rangs tricolores. Une équipe à fort potentiel, dynamique et rajeunit, qui a vraiment tout pour décrocher une multitude de podiums individuels et en relais cet hiver. Même si la course au gros globe semble inaccessible, avec une pelleté de favorites, les filles auront à cœur de jouer sur tous les tableaux dont en février sur les Championnats du Monde d’Antholz. Mais une fois de plus, le pas de tir sera le juge de paix des bleues !

© IBU

Conclusion : Après une dernière saison en dessous des attentes, l’équipe de France féminine va tenter de reprendre du galon cet hiver. La nomination de l’expérimenté entraîneur de tir Franck Badiou pourrait changer la donne.

Les norvégiennes, la confirmation ?

Depuis Tora Berger en 2013, plus aucune norvégienne n’a remporté le gros globe de cristal. Une période interminable durant laquelle l’équipe féminine a dû prendre son mal en patience et se réinventer. Jusqu’à ce dernier hiver plein de promesses. Une saison 2018/2019 du renouveau pour les norvégiennes. Marte Olsbu Roeiseland, en chef de file, s’est imposée à trois reprises et est repartie des mondiaux avec trois titres sur les relais. Du côté de la confirmée Tiril Eckhoff, treizième du général, ce ne sont pas moins de neuf top 10, dont une victoire sur l’individuel de Canmore et deux titres mondiaux en relais qui ont marqué sa saison. Et pour compléter ce trio de tête, ajoutons la pépite du biathlon norvégien, Ingrid Tandrevold, vice-championne du monde du sprint, titrée sur le relais dames à Ostersund et qui est passée de la quarantième à la onzième place du classement général en l’espace d’un an.

Côté préparation, les sélections norvégiennes de Sjusjoen ont été plutôt rassurantes pour l’équipe féminine. Marte Olsbu Roiseland, malgré des douleurs récurrentes à la hanche qui ont entaché sa préparation, a pris la cinquième place du sprint avant de monter sur la troisième marche du podium lors de la mass start. Tiril Eckhoff, elle, a alterné le bon avec une cinquième place sur la mass start, et le moins bon avec une onzième place sur le sprint.

© IBU

Conclusion : Marte Olsbu Roeiseland semble avoir toutes les armes de son côté pour lutter avec les meilleures pour le gros globe de cristal si aucun problème de santé ne l’en empêche. Du côté de Tiril Eckhoff, la norvégienne doit encore progresser sur le pas de tir pour se montrer plus régulière. Pour ce qui est de la jeune Tandrevold, on ne se fait pas de soucis sur un avenir plus que prometteur pour celle qui semble incarner le futur de la Norvège.

Kaisa Mäkäräinen, l’année de trop ?

Du haut de ses 36 ans, Kaisa Mäkäräinen va prendre part cet hiver à sa seizième saison de Coupe du Monde. Toutefois, la précédente édition pour la finlandaise a été sa première terminée au-delà de la 5e place mondiale (7e). Si elle avait débuté son hiver en boulet de canon avec trois succès sur les deux premières étapes, elle est ensuite rentrée dans le rang avec seulement trois podiums et une 12e place comme meilleure performance individuelle sur les mondiaux d’Ostersund. Mais quelle a été la cause de cette saison en demi-teinte de Kaisa Mäkäräinen ? Le coupable n’est autre que son tir !

La triple vainqueur du gros globe a tourné autour des 78% de réussite l’hiver dernier contre 84% en 2018. On se doute bien que la championne du monde de la poursuite en 2011 pourra toujours compter sur sa vitesse de déplacement pour limiter la casse. Mais les années s’accumulant, son avance à ski va peu à peu s’affaiblir. Et une nouvelle génération de biathlètes talentueuses tape déjà au carreau. Il convient donc de se dire que si la finlandaise n’arrive pas à retrouver le tir qui a fait ses beaux jours, sa saison risque d’être tout autant d’être difficile que la précédente. De là à dire que cette saison pourrait être celle de trop, peut-être pas.

Côté préparation, la biathlète aux cheveux d’argent s’est rassurée, il y a quelques jours, en survolant les courses de pré-saison à Kontiolahti. À domicile, elle a remporté le sprint, signant au passage un sans faute, avant d’écraser la poursuite du lendemain en terminant avec deux fautes et surtout plus de trois minutes d’avance sur la russe Yurlova.

© IBU

Conclusion : Kaisa Mäkäräinen en a encore sous la spatule ! Si elle n’a pas annoncé que c’était sa dernière saison, on espère qu’elle pourra sortir par la grande porte avec un titre de championne du monde pour boucler la boucle d’une carrière réussie.

Pronos de la rédaction :

  • Romain : 1. Lisa Vittozzi ; 2. Marte Olsbu Roeiseland ; 3. Dorothea Wierer.
  • Damien : 1. Dorothea Wierer ; 2. Marte Olsbu Roeiseland ; 3. Lisa Vittozzi.
  • Aymeric : 1. Lisa Vittozzi ; 2. Dorothea Wierer ; 3. Marte Olsbu Roeiseland.
  • Vincent : 1. Lisa Vittozzi ; 2. Dorothea Wierer ; 3. Hanna Öberg.
  • Julien : 1. Dorothea Wierer ; 2. Hanna Öberg ; 3. Lisa Vittozzi.

Crédit photo : IBU

Auteur

Romain LB

Romain LB

Créateur du groupe Facebook Martin Fourcade Live et co-fondateur de Biathlon Live

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