Impériale sur le sprint, Julia Simon a su conjuguer plaisir et rapidité d’exécution pour décrocher son dix-neuvième succès individuel en carrière. Un mélange dont elle seule a le secret.
Julia Simon au sommet de son art
2/2 pour Julia Simon ! Il y a quatre ans, la décuple championne du monde remportait son premier sprint sur les terres estoniennes. Pour le second sprint de coupe du monde à Otepaa, la Savoyarde est une nouvelle fois sur la plus haute marche du podium :“Ici la piste me convient vraiment bien, disait-elle au micro de la chaîne l’Équipe. Aujourd’hui j’avais vraiment envie d’être à l’attaque. Dès le premier tour je me suis dit que j’y allais avec le couteau entre les dents. J’ai eu du mal à finir. C’était dur ce dernier tour. Je me suis un petit peu écrasée techniquement. Je manquais un peu de hauteur. Mais ce qui compte aujourd’hui c’est la victoire. Le temps, on verra demain sur la poursuite. Je me suis vraiment éclatée. J’ai pris vraiment beaucoup de plaisir sur le pas de tir donc c’est vraiment que du positif aujourd’hui.”

Julia Simon termine avec seulement 2.9 secondes d’avance sur Lisa Vittozzi. 4 secondes moins rapide que l’Italienne sur les skis, la Savoyarde a gagné de précieuses secondes sur le pas de tir, face à une adversaire qui engage tout autant : “Avec Lisa (Vittozzi, ndlr) on aime bien tirer ensemble, se challenger un peu. Après, aujourd’hui j’ai fait mon biathlon. Vraiment je me suis amusée. J’étais vraiment très concentrée sur ce que j’avais à faire. J’étais présente et j’ai l’impression d’avoir vécu ma course à 200%. Je suis vraiment très heureuse.”

En fin de saison, alors que la plupart des biathlètes sont fatiguées, Julia Simon parvient à faire la différence en jouant sur ses qualités, comme elle l’expliquait après sa course : “Si elles sont dans le dur moi j’essaie d’être un peu moins dans le dur. Plus elles sont fatiguées, plus j’essaie de me nourrir de ça. C’est tout bête mais je me dis tout le monde est à la même enseigne. C’est dur. Maintenant c’est dans la tête. Il faut savoir se faire mal. Aujourd’hui j’avoue que j’ai eu du mal à aller me faire mal à 200% dans le dernier tour et c’est là où il faut faire la différence. J’essaie de trouver des petits subterfuges, de jouer avec mes armes. J’ai des points forts donc autant les utiliser et essayer de combler comme ça la difficulté et la fatigue.”
Julia Simon aura l’occasion demain de remporter un vingtième succès en carrière et revenir ainsi au niveau de Sandrine Bailly, Française la plus victorieuse de l’histoire.
Crédit photo : Manzoni/NordicFocus

