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Ingrid Tandrevold face à la nouvelle règle : “Je me suis tendu un piège”

Pour éviter une disqualification liée aux nouvelles règles de manipulation de la carabine, Ingrid Tandrevold a trouvé une parade. Mais les anciens automatismes inquiètent encore les Norvégiens.

Oublier de vieux réflexes

Changer un geste répété peut prendre du temps. Comme Johan-Olav Botn, rappelé à l’ordre au Loop One Festival, Ingrid Tandrevold a dû revoir son approche du tapis. Pour rappel, les biathlètes doivent à présent attendre d’y être installés pour commencer à retirer leur carabine. Pour s’empêcher de glisser une main sous la bretelle trop tôt, la Norvégienne a trouvé une solution simple. “Je tiens mes bâtons dans la main que je glisse habituellement sous la bretelle : comme ça, c’est impossible de le faire. Je me suis tendu un piège”, explique-t-elle à NRK.

Ingrid Landmark Tandrevold (NOR) © Yevenko/NordicFocus

Une précaution nécessaire alors que trois biathlètes ont été disqualifiées à Munich, dont la Tchèque Lucie Charvatova. “Quand on s’est entraîné à faire quelque chose pendant dix ans, il est difficile de changer ses automatismes dans une situation stressante”, rappelle la Scandinave. Connu pour sa vitesse d’exécution face aux cibles, Martin Uldal redoute lui aussi les conséquences d’un mauvais réflexe. “J’ai peur qu’avec l’adrénaline cet hiver, certains retombent dans leurs vieilles habitudes, oublient la règle et commettent une erreur. C’est un peu inquiétant.”

Martin Uldal (NOR) © Thibaut/NordicFocus

De son côté, Johannes Dale-Skjevdal, sacré champion olympique de la mass start à Antholz, se montre plus réservé sur l’accumulation des contraintes. “Cette règle est arrivée soudainement. Elle s’ajoute à la série de mesures de sécurité instaurées par l’IBU. C’est évidemment difficile de contester des règles de sécurité, mais je trouve quand même que cela commence à faire beaucoup”. Face à toutes ces réticences, Daniel Boehm, directeur sportif de l’IBU, continue de défendre cette mesure pour renforcer la sécurité : une bretelle peut glisser de l’épaule lorsque le bras est déjà engagé dessous, rendant l’orientation de la carabine difficile à maîtriser. “Nous savons que changer une habitude peut prendre un peu de temps. Il s’agit d’une règle de sécurité et nous voulons donc qu’elle soit parfaitement claire.”

Crédit photo : Authamayou/NordicFocus