Le biathlon : qu’est-ce que c’est ?
D’origine militaire, le biathlon est un sport d’hiver combinant deux disciplines totalement opposées : le biathlète alterne entre le ski de fond avec plusieurs boucles à parcourir et le tir à la carabine avec des cibles situées à une distance de 50 mètres. Une saison de biathlon dure quatre mois pendant l’année (de décembre à mars), rythmée par la Coupe du monde, les Championnats du monde ou bien les Jeux olympiques une fois tous les quatre ans depuis les JO de Squaw Valley en 1960.
À la différence des autres sports d’hiver, le biathlon est totalement autonome vis-à-vis de la Fédération Internationale de Ski et est géré par l’Union Internationale de Biathlon (IBU) depuis 1993.

L’équipement du biathlète
La Carabine
Avec un poids réglementaire d’au moins 3,5 kg et utilisant un calibre .22 Long Rifle, la carabine de biathlon est un outil entièrement conçu sur mesure pour s’adapter à l’athlète. Fais tourner la carabine et ouvre une pièce pour voir à quoi sert chacune.
Bois ou matériaux composites, taillée pour un seul propriétaire. Le busc, sur lequel se pose la joue, et la plaque de couche, calée dans l’épaule, se règlent indépendamment : c’est ce qui permet de retrouver exactement la même position au couché et au debout. L’ensemble doit peser au minimum 3,5 kg, chargeur et munitions non compris.
La planchette qui court au-dessus de la crosse, le busc, se règle en hauteur et en latéral. C’est elle qui décide de tout : si la joue s’y pose toujours au même endroit, l’œil se retrouve automatiquement derrière l’œilleton, sans chercher. Un millimètre de trop et la visée est haute sur les cinq balles.
À l’arrière, la plaque de couche et son crochet se déplacent sur un rail. Le tireur cale l’arme dans le creux de l’épaule et la bloque là, toujours à la même profondeur, pour que le recul et la respiration ne fassent plus bouger la ligne de mire. Au debout, ce contact est le seul point d’appui solide.
500 grammes minimum : c’est le règlement, et c’est une question de sécurité. Beaucoup de tireurs restent tout près de ce plancher. Après une montée à 180 pulsations, la main tremble et le doigt ne sent plus grand-chose ; une détente trop dure suffit à emmener le coup hors de la cible au moment où elle cède.
L’armement linéaire, mis au point par l’armurier allemand Peter Fortner dans les années 1980, a changé le tir : la culasse recule et revient d’un simple aller-retour de l’index, sans lâcher la crosse ni quitter la ligne de mire. C’est ce qui permet d’enchaîner cinq balles en une poignée de secondes.
Cinq balles, cinq cibles. Le chargeur s’engage sous la culasse et se retire d’un geste en fin de série ; les suivants voyagent avec l’arme, logés contre le fût. Les trois balles de réserve, les fameuses pioches, ne passent pas par lui : elles se prennent une par une et s’introduisent directement dans la chambre, ce qui coûte de longues secondes.
L’œil ne regarde pas dans une lunette mais à travers un simple trou, l’œilleton. La hausse qui le porte se règle au clic, en hauteur et en dérive : quelques millimètres d’impact à 50 mètres par cran. C’est là que le biathlète corrige le vent, entre deux séries, sans jamais voir où ses balles sont parties.
Depuis 1978, le biathlon a rompu avec le gros calibre militaire pour le .22 Long Rifle à percussion annulaire. Chaque canon a ses préférences : les équipes font tester des lots entiers de munitions pour trouver celui avec lequel les impacts se regroupent le mieux, et achètent ensuite le lot en question.
À l’autre bout du canon, un tunnel dans lequel se visse une bague. Le tireur choisit son diamètre selon sa vue et la lumière du jour : trop étroite, la cible remplit tout et le centrage devient impossible ; trop large, l’œil n’a plus de repère. C’est le seul ajustement optique autorisé, le grossissement étant interdit.
Les deux sangles du dos portent l’arme pendant toute la course, canon vers le haut, réglementairement. Elles doivent être assez serrées pour que la carabine ne batte pas dans les descentes, assez souples pour qu’elle soit ôtée d’un seul mouvement d’épaules à l’arrivée sur le tapis. Ce geste-là se répète à l’entraînement des centaines de fois.
Le matériel de ski
Toutes les techniques de ski de fond sont autorisées dans le biathlon. Les biathlètes utilisent principalement trois styles pour se déplacer qu’ils varient en fonction de leur vitesse et du profil du terrain : le décalé (ou « pas de montée ») à faible vitesse dans les bosses, le « un temps » sur les plats ou plats-montants pour garder une vitesse élevée, ou le pas « combiné » utilisé dans les faux plats-descendants.
Le matériel est similaire à celui d’un fondeur. Une paire de skis de skating (20 cm plus longs que la taille du biathlète), une paire de bâtons dont la longueur est similaire à la hauteur d’épaule et une paire de chaussures. Le ski doit avoir une largeur minimale de 40 mm sous la fixation, et peser au minimum 750 g sans la fixation.


Le pas de tir
Fonctionnement du pas de tir
Un pas de tir compte généralement 30 tapis et chaque tapis fait face à 5 cibles.
Pour les épreuves « contre-la-montre » (sprint & individuel), les quinze premières cibles sont réservées au tir couché, les quinze dernières au tir debout.
Pour les épreuves en confrontation directe, les biathlètes s’installent selon leur ordre d’arrivée (le premier à la cible n° 1, le deuxième à la 2 et ainsi de suite), sauf lors d’un premier tir d’une mass start ou d’un relais où ils doivent se positionner sur la cible correspondant à leur numéro de dossard.
Les tapis se trouvent à 50 m des cibles séparés par des fanions qui permettent à l’athlète de connaître la force et la direction du vent.

Les cibles
Le biathlète doit faire basculer ses 5 cibles situées à 50 mètres du pas de tir. Que ce soit en tir couché ou debout, les cibles sont identiques. Un cache vient toutefois réduire leur surface en position couchée : le diamètre de la zone à atteindre passe alors de 11,5 cm à 4,5 cm.
Les cibles peuvent être abattues dans l’ordre souhaité, et un biathlète peut retenter sa chance sur une cible précédemment manquée. Chaque cible manquée entraîne une pénalité, dont la forme varie selon le format de course.
Lors des relais, l’athlète dispose également de trois balles supplémentaires, appelées « balles de pioche », qu’il doit charger manuellement une par une.
Les pénalités
En biathlon, chaque cible manquée se paie. Mais selon le format de course, la sanction ne prend pas la même forme : boucle de pénalité ou temps ajouté au chronomètre, elle peut parfois bouleverser complètement le classement.
Sur le sprint, la poursuite, la mass start et les relais, chaque cible laissée debout oblige l’athlète à effectuer une boucle de pénalité de 150 mètres à la sortie du pas de tir. Un détour qui coûte généralement une vingtaine de secondes. En relais mixte simple, la boucle est réduite à 75 mètres.
L’individuel repose sur un système différent : aucune boucle de pénalité, mais une minute ajoutée au temps final pour chaque cible manquée. Une sanction particulièrement lourde qui fait du tir un élément déterminant de ce format. Dans l’individuel court, la pénalité est ramenée à 45 secondes par faute.
Les relais disposent quant à eux d’une petite marge de manœuvre supplémentaire. Après les cinq balles de leur chargeur, les biathlètes peuvent utiliser trois balles de pioche, à charger manuellement une par une. Si une ou plusieurs cibles restent encore debout après ces huit tentatives, l’athlète doit alors effectuer une boucle de pénalité par cible manquée.
| Format | Pénalité par cible manquée | Pioches |
|---|---|---|
| L’Individuel | + 1 minute au temps | — |
| L’Individuel court | + 45 secondes au temps | — |
| Le Sprint | Boucle de 150 m | — |
| La Poursuite | Boucle de 150 m | — |
| La Mass start | Boucle de 150 m | — |
| Les Relais | Boucle de 150 m | 3 |
| Le Relais mixte | Boucle de 150 m | 3 |
| Le Relais mixte simple | Boucle de 75 m | 3 |
Les épreuves
L’Individuel
Plus ancienne course du biathlon sur le circuit, elle est également la plus longue avec une distance de 15 km pour les femmes et 20 km pour les hommes. Les biathlètes s’élancent toutes les 30 secondes pour une course contre-la-montre. Contrairement à tous les autres formats, il n’y a pas de boucle de pénalité : chaque cible manquée ajoute une minute de pénalité au temps total. Une autre particularité de ce format est l’enchaînement des tirs. Quatre passages face aux cibles mais en alternant les positions de tir : couché, puis debout, puis à nouveau couché et une dernière fois debout. Le gagnant est déterminé par le meilleur temps qui comprend les minutes de pénalité ajoutées.

L’Individuel court
Comme son nom l’indique, cette épreuve est plus courte que l’individuel classique : 12,5 kilomètres pour les dames et 15 kilomètres pour les hommes (même distance que sur une mass start). Autre changement, chaque cible manquée ne coûte pas une minute de pénalité mais 45 secondes. Les quatre passages derrière la carabine restent alternés : couché, puis debout, puis à nouveau couché et une dernière fois debout. Le gagnant est déterminé par le meilleur temps qui comprend les secondes de pénalité ajoutées. Un format beaucoup plus dynamique que la plus ancienne course du circuit.

Le Sprint
Comme pour l’individuel, le sprint est une épreuve contre-la-montre mais réduite de moitié (7,5 km à parcourir pour les femmes, 10 km pour les hommes). Une épreuve de vitesse avec deux passages sur le pas de tir (couché et debout). Chaque cible manquée amène l’athlète à parcourir une boucle de pénalité de 150 m (soit 20-25 s de pénalité). Les biathlètes s’élancent toutes les 30 secondes, mais dans des circonstances particulières, le jury peut opter pour des intervalles plus longs ou plus courts. Le gagnant est déterminé par le temps le plus rapide à l’arrivée. Les 60 premiers du sprint sont qualifiés pour la poursuite.

La Poursuite
Course regroupant les 60 premiers du sprint pour une confrontation directe sur la piste. Les biathlètes parcourent 5 boucles pour une distance totale de 10 km pour les femmes et 12,5 km pour les hommes. Il y a quatre passages sur le pas de tir : les deux premiers en position couchée et les deux derniers en position debout. Les biathlètes s’élancent selon l’ordre d’arrivée sur le sprint en conservant les écarts : le vainqueur du sprint part en premier, suivi par le second et ainsi de suite jusqu’au 60e. Si des athlètes comptent plus de quatre minutes de débours sur le sprint et qu’ils sont qualifiés pour la poursuite, alors ils s’élanceront tous quatre minutes après le leader. Comme pour le sprint, chaque cible manquée correspond à une boucle de pénalité de 150 m. Le vainqueur de la poursuite est celui qui franchit la ligne d’arrivée en premier.

La Mass start
Surnommée « la course des rois/reines », la mass start regroupe les 30 meilleurs biathlètes du moment (25 premiers du général + les 5 meilleurs du week-end) pour un départ groupé. C’est le deuxième format de course le plus long avec 12,5 km à parcourir pour les femmes et 15 km pour les hommes. Il y a quatre passages sur le pas de tir qui suivent le même schéma que la poursuite avec les deux premiers en position couchée et les deux derniers en position debout. Chaque cible manquée correspond à une boucle de pénalité de 150 m. Le vainqueur de la mass start est celui qui franchit la ligne d’arrivée en premier.

Les Relais
Les équipes sont composées de quatre athlètes qui parcourent chacun la même distance : 6 km pour les femmes et 7,5 km pour les hommes. Départ groupé, ils ont également deux passages sur le pas de tir (couché puis debout), mais contrairement à la plupart des épreuves individuelles, les biathlètes sont autorisés à utiliser trois balles de « pioche » si leurs cinq premières balles ne suffisent pas pour blanchir toutes les cibles. Si une cible reste encore debout après ces trois balles joker, alors l’athlète doit se rendre sur l’anneau de pénalité pour se rajouter 150 m supplémentaires (ou plus selon le nombre de cibles encore debout). Les balles de pioche sont chargées manuellement par l’athlète dans la carabine, une à la fois. Le passage de relais se passe dans une zone délimitée dans l’aire d’arrivée, et celui qui passe le relais doit obligatoirement toucher le corps de son coéquipier avec sa main pour pouvoir le lancer. L’équipe gagnante est celle qui franchit la ligne d’arrivée en premier.

Le Relais mixte
Même schéma que pour un relais « classique » sauf que comme son nom l’indique, le relais mixte est une compétition mixte avec des équipes composées de deux femmes et de deux hommes. Les femmes parcourent 6 km, les hommes 7,5 km. Deux passages sur le pas de tir pour chaque biathlète (couché puis debout) avec là aussi trois balles supplémentaires (huit au total pour abattre cinq cibles). Depuis 2018, il est désormais possible aux femmes de conclure le relais.

Le Relais mixte simple
Apparu sur le circuit de la Coupe du monde en 2015, il comprend des équipes composées d’une femme et d’un homme par pays qui s’affrontent sur une distance totale de 6 km pour le premier partant (2 × 3 km) et de 7,5 km pour le second (1 × 3 km + 1 × 4,5 km) avec quatre passages au tir chacun. La boucle fait 1,5 km de long pour les hommes et les femmes, tandis que le tour de pénalité est réduit de moitié (75 m). Comme pour les autres relais, l’athlète a à sa disposition trois balles de pioche supplémentaires à charger manuellement si ses cinq balles issues de son chargeur ne suffisent pas pour blanchir ses cibles. Le passage de relais est effectué directement après la sortie du pas de tir. Les femmes et les hommes peuvent commencer ou terminer le relais.

Les compétitions
Coupe du monde
Depuis 1978 chez les hommes et 1983 chez les femmes, la Coupe du monde de biathlon se déroule chaque hiver rassemblant les meilleurs biathlètes du monde. Elle s’étale sur 4 mois (de décembre à mars) et compte une vingtaine de courses individuelles réparties sur une dizaine d’étapes se trouvant le plus souvent en Europe. Comme décrit dans le tableau juste en-dessous, les courses apportent des points pour établir différents classements : ceux des spécialités (sprint, poursuite, individuel et mass start), le classement général (le cumul des quatre spécialités) qui récompense le meilleur biathlète de la saison, mais également les classements par équipe (coupe des nations, relais).

Attribution des points
Points attribués par discipline
| Disciplines / Places | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | 32 | 33 | 34 | 35 | 36 | 37 | 38 | 39 | 40 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| SP, PU, IN, Relais | 90 | 75 | 65 | 55 | 50 | 45 | 41 | 37 | 34 | 31 | 30 | 29 | 28 | 27 | 26 | 25 | 24 | 23 | 22 | 21 | 20 | 19 | 18 | 17 | 16 | 15 | 14 | 13 | 12 | 11 | 10 | 9 | 8 | 7 | 6 | 5 | 4 | 3 | 2 | 1 |
| Mass start | 90 | 75 | 65 | 55 | 50 | 45 | 41 | 37 | 34 | 31 | 30 | 29 | 28 | 27 | 26 | 25 | 24 | 23 | 22 | 21 | 20 | 18 | 16 | 14 | 12 | 10 | 8 | 6 | 4 | 2 | — | — | — | — | — | — | — | — | — | — |
Coupe des nations
| Courses / Places | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | 32 | 33 | 34 | 35 | 36 | 37 | 38 | 39 | 40 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| SP, IN * | 160 | 154 | 148 | 143 | 140 | 138 | 136 | 134 | 132 | 131 | 130 | 129 | 128 | 127 | 126 | 125 | 124 | 123 | 122 | 121 | 120 | 119 | 118 | 117 | 116 | 115 | 114 | 113 | 112 | 111 | 110 | 109 | 108 | 107 | 106 | 105 | 104 | 103 | 102 | 101 |
| Relais | 420 | 390 | 360 | 330 | 310 | 290 | 270 | 250 | 230 | 220 | 210 | 200 | 190 | 180 | 170 | 160 | 150 | 140 | 130 | 120 | 110 | 100 | 90 | 80 | 70 | 60 | 50 | 40 | 30 | 20 | — | — | — | — | — | — | — | — | — | — |
| Relais Mixte | 210 | 195 | 180 | 165 | 155 | 145 | 135 | 125 | 115 | 110 | 105 | 100 | 95 | 90 | 85 | 80 | 75 | 70 | 65 | 60 | 55 | 50 | 45 | 40 | 35 | 30 | 25 | 20 | 15 | 10 | — | — | — | — | — | — | — | — | — | — |
* De 1 point en 1 point jusqu’à la 80e place, de 2 en 2 jusqu’à la 110e place. Toutes les places suivantes obtiennent 1 point.
Seuls les sprints, les individuels et les relais rapportent des points au classement des nations. Pour les épreuves individuelles, on ne prend en compte que les trois premiers biathlètes par pays. Pour les relais mixtes et mixtes simples, les points sont partagés de moitié entre le classement de la coupe des nations féminin et masculin.
Globes de cristal
Le globe de cristal est le trophée de la Coupe du monde. Il est remis en fin de saison au premier de chaque classement, lors de la dernière étape de l’hiver.
Le gros globe récompense le classement général, c’est-à-dire le cumul des points marqués sur les quatre spécialités individuelles. C’est le titre le plus convoité du circuit : il désigne le meilleur biathlète de la saison, celui qui aura été le plus régulier sur tous les formats. Martin Fourcade est l’athlète à avoir remporté le plus de fois le classement général de la Coupe du monde, à sept reprises de 2012 à 2018.
Les petits globes distinguent le vainqueur de chaque spécialité : sprint, poursuite, individuel et mass start. On peut donc dominer une discipline sans jamais approcher du gros globe, et l’inverse est vrai aussi.
S’y ajoutent les classements par équipe, coupe des nations et relais, qui récompensent la profondeur d’une équipe nationale plutôt qu’un athlète isolé. Le leader de chacun de ces classements se reconnaît en course à la couleur de son dossard.
Championnats du monde
Ne comptant plus comme une étape de Coupe du monde depuis l’hiver 2022/2023, les Championnats du monde de biathlon ont lieu tous les ans, sauf les années olympiques, et décernent des titres mondiaux sur des courses d’un jour. La toute première édition s’est déroulée en 1958 à Seefeld en Autriche. Alors qu’à l’époque il n’y avait qu’une course au programme (l’individuel), aujourd’hui les mondiaux se disputent sur deux semaines avec douze épreuves (8 courses individuelles et 4 relais). Johannes Boe est le biathlète le plus titré (23) et Ole Einar Bjoerndalen le plus médaillé sur les Championnats du monde (45 médailles dont 20 titres).

Jeux olympiques
Tous les quatre ans au programme de l’hiver, les Jeux olympiques sont des courses à part dans la saison depuis les JO de Sochi en 2014. Le biathlon est un sport olympique depuis les JO de Squaw Valley en 1960. Comme aux Championnats du monde, Ole Einar Bjoerndalen est le biathlète le plus titré et médaillé avec 13 médailles dont 8 titres olympiques. Pour les Jeux olympiques des Alpes françaises 2030, le relais mixte simple intégrera le programme des épreuves de biathlon (c’était jusqu’alors le seul format à ne pas y figurer). On comptera ainsi douze épreuves au Grand-Bornand.


IBU Cup
L’IBU Cup est le deuxième circuit international, l’antichambre de la Coupe du monde. On y trouve les biathlètes qui n’ont pas encore de place dans l’équipe A de leur pays, ceux qui en redescendent le temps de retrouver la forme, et les jeunes qui font leurs premières armes chez les seniors.
Les formats sont les mêmes qu’un étage plus haut : sprint, individuel, poursuite, mass start et relais, sur des distances identiques. Les résultats établissent le classement individuel du circuit, et les meilleurs se font une place dans l’équipe A de leur nation. Depuis la saison 2025/2026, le leader du classement général de l’IBU Cup porte un dossard vert, sur le modèle du dossard jaune de la Coupe du monde.
Junior Cup
Un étage plus bas encore, la Junior Cup réunit les biathlètes juniors, c’est-à-dire les moins de 21 ans. C’est le premier circuit international de la carrière, celui où l’on découvre les voyages, les pas de tir étrangers et la pression d’une ligne de départ internationale.
Les distances y sont raccourcies et les formats simplifiés, mais la logique reste la même : un classement général sur la saison, et une progression naturelle vers l’IBU Cup puis la Coupe du monde. La plupart des noms qui dominent aujourd’hui le circuit sont passés par là, souvent quatre ou cinq ans avant leur premier podium chez les seniors.
La saison des jeunes est par ailleurs ponctuée par les Championnats du monde juniors, qui décernent chaque hiver les premiers titres mondiaux d’une carrière. La catégorie jeunesse, qui y disputait longtemps ses propres courses, disparaît du programme à partir de la saison 2026/2027.
Les dossards distinctifs
Un système de dossards de couleur permet d’identifier les leaders au premier coup d’œil. Six tuniques distinctives animent le circuit, du leader du classement général de la Coupe du monde au tout nouveau dossard vert de l’IBU Cup.
Le dossard jaune
C’est le dossard le plus prestigieux et le plus convoité. Il est porté par le biathlète (homme ou femme) qui occupe la première place du classement général de la Coupe du monde. À chaque fin de course, les points sont recalculés : si un autre athlète prend la tête du classement, le dossard jaune change d’épaules pour la course suivante. Remporter le classement général à la fin de la saison permet de gagner le gros globe de cristal.
Le dossard rouge
Le dossard rouge récompense le meilleur athlète dans une discipline spécifique. Le biathlon compte quatre épreuves individuelles : le Sprint, la Poursuite, l’Individuel et la Mass start. Le leader du classement de chacune de ces disciplines porte un dossard rouge lors des courses de ce format en Coupe du monde. À la fin de la saison, le vainqueur de chaque discipline remporte un petit globe de cristal.
Le dossard jaune et rouge
Il arrive fréquemment qu’un biathlète domine tellement sa saison qu’il est à la fois le leader du classement général et le leader de la spécialité disputée le jour de la course. Dans ce cas, il porte un dossard bicolore, divisé entre le jaune et le rouge, signifiant sa double domination sur le circuit.
Le dossard bleu
Il est porté par le meilleur athlète de moins de 23 ans (U23) au classement général de la Coupe du monde. C’est un excellent indicateur pour repérer les pépites et futures grandes stars de la discipline qui rivalisent déjà au plus haut niveau.
Le dossard doré
Il distingue le champion du monde en titre du format disputé ce jour-là. On ne le voit donc qu’aux Championnats du monde, sur le dos de celui ou celle qui remet son titre en jeu. C’est le seul dossard distinctif des Mondiaux : les Championnats du monde ne comptant plus pour les classements de la Coupe du monde depuis la saison 2022/2023.
Le dossard vert
Apparu pour la première fois lors de la saison 2025/2026, il habille les leaders du classement général de l’IBU Cup. Comme le jaune un étage plus haut, il change d’épaules dès qu’un autre athlète prend la tête du classement.

