La nouvelle règle sur le port de la carabine oblige les Suédois à revoir leurs automatismes et suscite des interrogations sur les sanctions.
La crainte d’un ancien réflexe
Après les Norvégiens, les Suédoises expriment à leur tour leurs interrogations. La nouvelle règle imposant d’attendre d’être sur le tapis pour retirer les bretelles de la carabine oblige les biathlètes à modifier des automatismes bien installés. Les deux bretelles doivent également être remises avant de quitter le tapis. Pour la Suédoise Ella Halvarsson, cette modification complique l’arrivée sur le pas de tir. “Avant, on passait le bras dans la bretelle, puis on prenait les bâtons dans cette main. Maintenant, il faut poser les bâtons, se redresser, puis passer le bras dans la bretelle. Ça fait beaucoup plus de mouvements”, explique-t-elle pour SVT Sport.

Impossible donc d’anticiper la manipulation pendant les derniers mètres : tout doit se faire sur le tapis. “On perd un peu de fluidité, c’est plus compliqué. Et je ne sais pas si ça rend vraiment la situation plus sûre”, poursuit-elle. Le changement demande surtout d’effacer des automatismes. “Au début, c’était tout le temps : “Non, je n’ai pas le droit de faire ça””, raconte la Scandinave. Interrogée sur les conséquences d’une erreur, elle répond : ” Je pense qu’on est disqualifié. C’est une sanction assez sévère”. Une sanction tombée à trois reprises lors du Loop One Festival le mois dernier.

Sa coéquipière Anna-Karin Heijdenberg s’interroge justement sur l’application de la règle : “Imaginons qu’il y ait dix athlètes qui commettent cette faute pendant une course : ils vont disqualifier dix personnes ?” Malgré plusieurs mois de préparation, le risque de reproduire l’ancien geste demeure. “On s’entraîne comme ça à chaque séance de tir depuis mai ou juin. Ça m’est quand même arrivé trois ou quatre fois de refaire l’ancien geste. J’espère que ça n’arrivera qu’à l’entraînement, et pas en compétition.”
Crédit photo : Thibaut/NordicFocus

