Comme Voldiya Galmace-Paulin et Gaëtan Paturel, Damien Levet, deuxième du général de l’IBU Cup et sacré champion d’Europe du sprint cet hiver, va connaître cette semaine à Oslo sa grande première sur la Coupe du monde. Le Haut-Savoyard revient également pour nous sur des derniers mois réussis et riches en émotion.
- Bonjour Damien ! Comment te sens-tu après cette saison réussie en IBU Cup ?
C’est une saison que je n’aurais peut-être pas espéré au début. C’est une saison pleine, de la première course jusqu’à la dernière à Lake Placid, où j’ai réussi à mettre mon biathlon en place et à me faire plaisir. De réussir à me lâcher, à prendre du plaisir et à faire ce que je sais faire, ça a donné de bons résultats.
- Tu as joué le gros globe de cristal jusqu’à la dernière course face à Gaëtan Paturel. Comment as-tu vécu ce duel final face à ton coéquipier ?
On l’a plutôt bien vécu. On était déjà très contents que ce soit un Français qui remporte ce globe. Après, tous les gars (français, ndlr) sur l’IBU Cup le méritaient. On a réalisé une très belle saison avec chacun des podiums, des victoires : c’était vraiment une saison pleine pour le clan français.

C’était l’objectif de cette fin de saison (le gros globe, ndlr), pas au début, mais je suis déjà fier de ce que j’ai pu mettre en place. Je ne pense pas être passé à côté de mon sprint (à Lake Placid, 19e avec deux fautes, ndlr). En ski, j’étais un peu moins bien sur cette quinzaine (aux États-Unis, ndlr). Je me suis raccroché à mon tir, j’ai réalisé de bons tirs. Si on regarde la première semaine, la pression était déjà là et j’ai réussi à ne pas sortir du top 10. L’enjeu ne m’a pas sorti de ce que je pouvais mettre en place.
Je suis vraiment content d’avoir accompli mes objectifs du début de l’hiver.
- Tu as obtenu tes premiers succès en IBU Cup, dont le sacre européen du sprint. Est-ce une saison au-delà de tes espérances ?
Je ne pense pas que cette saison est au-delà de mes espérances. Au début de saison, je m’étais dit que l’objectif était de monter au moins une fois sur le podium, et pourquoi pas découvrir le circuit de la Coupe du monde. Je ne pense pas que c’était inespéré mais monter sur la boîte une première fois en IBU Cup par une victoire à Val Ridanna, je ne l’aurais pas pensé non plus. J’étais vraiment content et de réitérer ça aux championnats d’Europe sur le sprint, franchement, c’était assez ouf. Je suis vraiment content d’avoir accompli mes objectifs du début de l’hiver.

- Qu’est-ce qui te rend le plus fier finalement sur cet hiver ?
Il y a forcément les podiums, mais je pense surtout que c’est la régularité. Quand il y avait de l’enjeu comme dans les moments importants, j’ai réussi à répondre présent. C’est plus cet aspect-là dont je suis le plus fier. Après, champion d’Europe du sprint, ça parle. Et je suis fier de faire partie de cette équipe de France qui a réalisé une saison exceptionnelle sur l’ensemble des circuits.
J’ai toujours regardé cette Coupe du monde à la télé et de se dire que cette saison, je vais la courir, c’est truc de malade.
- Et ta belle saison d’IBU Cup va donc te permettre de découvrir la Coupe du monde à l’occasion des finales à Oslo. Que représente pour toi cette toute première sélection dans la cour des grands ?
C’est un rêve de gosse de pouvoir découvrir le circuit de la Coupe du monde. J’en ai rêvé. Et en plus de ça, découvrir la Coupe du monde à Oslo, la Mecque du nordique, c’est un sentiment de ouf. J’ai toujours regardé cette Coupe du monde à la télé et de se dire que cette saison, je vais la courir, c’est truc de malade. En plus j’aurai ma famille et mes amis qui vont m’encourager sur place. J’ai intérêt d’assurer même si je ne vais me mettre aucune pression.

Je vais juste prendre le maximum de plaisir pour découvrir ce nouveau monde. L’objectif dans un premier temps sera de prendre la poursuite. Et ce serait vraiment quelque chose d’incroyable de prendre la mass start mais je reste lucide : il y a un peu de fatigue avec l’IBU Cup, le jet lag après avoir été aux États-Unis qui fait mal. Je vais essayer d’arriver dans les meilleures dispositions possibles même si je sais que je ne serai pas à 100% de mes capacités. Peu importe le résultats, je sais que ça me servira pour les années à venir. Ce n’est que du plus. Je vais kiffer.
- Cette première sélection en Coupe du monde, est-ce aussi la récompense de dernières saisons qui n’ont pas été évidentes ?
Les dernières années n’ont pas été faciles pour moi. J’ai passé trois ans dans les groupes jeunes et j’ai ensuite été écarté des groupes nationaux. Une année durant laquelle j’ai intégré le Haute Savoie Nordic Team où j’ai passé une super saison et où j’ai pu reprendre du plaisir dans la compétition. Ça m’a permis de retrouver l’IBU Cup et de retourner dans les groupes fédéraux en B.
J’ai pas mal souffert et eu envie de nombreuses fois de tout arrêter.

Le retour n’a pas été facile non plus. L’hiver dernier n’a pas été simple, mais j’ai réalisé une belle dernière étape à Otepaa qui m’a permis de rester dans les groupes pour cette année. L’année dernière était une saison de transition avec de nouveaux coachs et une nouvelle façon de fonctionner. Et cette année, c’était finalement une continuité où j’ai travaillé avec les mêmes coachs sur les points qui ont fonctionné ou non. Le plan a fonctionné. Ce sont de nombreuses années de travail, de doutes, de sacrifices. Quand tu apprends ta sélection pour une Coupe du monde, tu repenses à toutes ces années difficiles et tu te dis que tout le chemin parcouru en valait la peine même si j’ai pas mal souffert et eu envie de nombreuses fois de tout arrêter.
Crédit photo : Barbieri/NordicFocus

