Coiffé au poteau par Sturla Holm Laegreid sur la poursuite, Éric Perrot a manqué d’un peu d’énergie dans le dernier tour comme il l’expliquait à l’issue de sa course.
Éric Perrot perd d’un rien son bras de fer titanesque face à Sturla Holm Laegreid
Nouvelle poursuite sur la piste d’Oslo et bis repetita pour les tricolores. Comme Julia Simon un peu plus tôt dans la journée, Éric Perrot a concédé la victoire dans les tout derniers mètres de la course. Même s’il a résisté aux attaques de Sturla Holm Laegreid, il aura manqué quelques centimètres au nouveau numéro un mondial pour priver le Norvégien d’un cinquième succès consécutif.

Au micro de la chaîne l’Équipe, le double champion olympique expliquait avoir manqué d’énergie : “Je pense que ça se joue avant [la dernière ligne droite, ndlr]. Tout le long, on était à bloc. J’arrive un peu épuisé sur cette fin. J’essaie de m’accrocher. Sturla m’attaque deux ou trois fois pendant le dernier tour. Il m’attaque directement en sortant, il me rattaque dans la dernière bosse. Je suis content d’avoir subi parce qu’il est vraiment en forme actuellement. Il m’en a peut-être manqué un petit peu. J’essaie de maintenir la vitesse derrière le pas de tir et je prends un ou deux mètres. Mais je me dis que je peux revenir à côté de lui. Je reviens un peu mais je pense qu’il m’a manqué un petit peu de gaz à ce moment là. Il avait plus de jus. Il arrivait mieux à mettre du rythme. Malheureusement, je perds ce sprint. C’est frustrant. Je sais que j’ai besoin de progresser là-dessus.”

“La saison a été longue, moi je n’ai pas eu de break“
À seulement vingt-quatre ans, Éric Perrot est déjà au sommet de son art. Après un premier sacre mondial l’an dernier sur l’individuel de Lenzerheide, cette saison a été plus qu’une confirmation. Avec trois petits globes, le gros globe de cristal et trois médailles olympiques, dont deux en or, le Savoyard ne s’est pas ménagé. Contrairement au Norvégien qui a fait l’impasse à Oberhof et Nove Mesto pour préparer au mieux les Jeux Olympiques, Éric Perrot n’a manqué aucune course. “Je suis fier de ma course parce qu’il y a eu énormément d’intensité depuis le début, s’exclamait-il. La saison a été longue, moi je n’ai pas eu de break. Sturla en a eu donc je pense qu’il y a cette petite différence d’énergie qui fait la différence dans les secondes qui comptent, malheureusement.“

Parti troisième avec cinq secondes de retard sur Sturla Holm Laegreid, Éric Perrot a livré un magnifique duel contre le dernier vainqueur du gros globe. Parfait sur le pas de tir et rapide en piste, le Français aura tout fait pour battre le Norvégien, même s’il en manque un peu à la fin : “J’ai entendu Jean-Pierre [Amat] qui m’a dit que c’était cool parce que les debout étaient vraiment bien et rapides donc c’était vraiment du plaisir. J’ai pris plaisir à mettre en place mon meilleur biathlon. Je suis frustré de ne pas avoir plus de gaz pour mettre Sturla derrière moi notamment sur le dernier tour ou les tours d’avant. J’ai essayé de jouer mes cartes avec l’énergie que j’avais et je suis fier de ça.”

“Je vais répéter ce que je sais faire“
Même s’il est assuré de soulever le gros globe de cristal et le petit globe de la mass-start demain, Éric Perrot compte bien peser sur la dernière course de la saison, pour finir en beauté cet exercice 2025-2026 :“Je vais répéter ce que je sais faire. J’ai juste envie de célébrer simplement. C’est que du bonheur. J’ai validé ce que j’avais à valider cette saison. Il y aura moins d’enjeux demain mais j’ai l’enjeu de terminer la saison d’une belle manière et pour moi ça compte beaucoup. Je ne suis pas du genre à prendre le départ pour aller me promener donc demain je serai au combat et j’essaierai de remporter ce que je n’ai pas remporté aujourd’hui.“
Crédit photo : Authamayou/NordicFocus

