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Les origines

Le biathlon, qui signifie “double épreuve”, trouve ses racines en Scandinavie et en Finlande. Des peintures rupestres datant de plus de 4 000 ans ont été retrouvées en Norvège montrant deux hommes sur des skis traquant des animaux. Moins comme moyen de survie personnel que comme forme de protection nationale, le biathlon a joué un rôle essentiel dans la vie militaire à partir des années 1700. La première compétition de biathlon a eu lieu en 1767 entre des patrouilles qui gardaient la frontière suédo-norvégienne. Le premier club de ski connu dans le monde (le “Trysil Rifle and Ski Club”), a été fondé en Norvège en 1861 pour promouvoir la défense nationale au niveau local. Certaines études montrent qu’à partir de 1919, en moyenne 2000 hommes participent au biathlon chaque hiver en Finlande. Un nombre considérable qui leur permit quelques années plus tard (1930) de repousser les russes de leur frontière.

La première véritable compétition internationale de biathlon a lieu pendant les Jeux Olympiques d’hiver de Chamonix en 1924. Pendant ces Jeux, la patrouille militaire (épreuve par équipe composée de quatre membres : un officier, un sous-officier et deux soldats) entre dans le programme olympique comme discipline de démonstration et le restera jusqu’aux Jeux de 1948. Les norvégiens et les finlandais dominent globalement ce format de course. Les Italiens remporteront tout de même l’or en 1936. En raison du sentiment antimilitariste après la Seconde Guerre mondiale, la patrouille militaire sera retirée du programme olympique.

les patrouilles suédo-norvégiennes gardent la frontière.

Patrouille militaire allemande aux JO de Saint Moritz 1928.

Evolution du sport

En 1948, l’Union Internationale de Pentathlon Moderne et de Biathlon (UIPMB) a été créée en tant qu’organe dirigeant international du biathlon et du pentathlon moderne. Le biathlon est reconnu comme sport olympique d’hiver en 1955 par le Comité International Olympique. Les premiers championnats du monde de biathlon se déroulent en Autriche à Seefeld en 1958, avec six nations participantes. L’UIPMB a supervisé le biathlon jusqu’à la création de l’Union Internationale de Biathlon en 1993 et sa reconnaissance par le CIO en 1998. L’IBU dirige la discipline dont 59 pays en sont membres réguliers.

 Championnats du Monde de Seefeld 1958.

Les compétitions se déroulant de 1958 à 1965 étaient très différentes de celles d’aujourd’hui. Les athlètes ont utilisé plusieurs types de balles : d’abord le calibre 3.08, puis le .223 jusqu’à ce que le calibre .22 devienne la référence en 1978. Les munitions étaient dans une ceinture portée autour de la taille de l’athlète. La seule course était une compétition individuelle de 20 kilomètres, avec quatre passages sur le pas de tir à des distances de 100 m (debout), 150 m, 200 m et 250 m (couché) des cibles. Une cible manquée équivalait à deux minutes de pénalité. En 1966, ce format a été abandonné au profit d’une seule distance de tir (150 mètres en couché et en debout). Le système de pénalité a également été revu : Les cibles mesuraient 125 mm en position couchée et de 350 mm en position debout, entourées d’une zone de punition (une minute) allant respectivement jusqu’à 250 mm et 450 mm de diamètre, puis d’une seconde zone de punition de deux minutes à l’extérieur de ces diamètres.

Le fusil de calibre .22 qui est standard aujourd’hui a été adopté comme le calibre de fusil officiel en 1978. Ce changement permit au biathlon de se démarquer du monde militaire et de devenir un véritable sport avec la création de la Coupe du Monde. La distance de tir a également été réduite de 150 mètres à 50 mètres, et reste la même aujourd’hui. En 1980, des cibles mécaniques, presque identiques à celles aujourd’hui, ont été utilisées pour la première fois lors d’une grande compétition à l’occasion des Jeux Olympiques de Lake Placid.

En 1968, le relais est devenu une épreuve médaillée aux Jeux Olympiques de Grenoble. Le sprint a été inclus dans le programme des Championnats du Monde de Minsk en 1974 et dans celui des Jeux de Lake Placid en 1980.

Depuis Les Championnats du Monde de 1989 à Feistritz en Autriche, les compétitions masculines et féminines se déroulent simultanément. Un an plus tôt, le CIO votait l’insertion du biathlon féminin dans les Jeux Olympiques d’hiver. Le biathlon féminin a été inclus pour la première fois comme sport médaillé complet aux Jeux d’hiver de 1992 à Albertville, en France. En 1993, le sport était assez fort pour se séparer de l’UIPMB. L’IBU a alors été fondée et demeure encore aujourd’hui à la tête de la discipline. Depuis sa création, la fédération n’a cessé de rendre encore plus attractif le biathlon avec l’apparition des courses à confrontation directe (poursuite et mass-start).

La poursuite a été ajoutée comme épreuve médaillée aux Jeux Olympiques d’hiver de Salt Lake en 2002 et a été l’une des compétitions les plus excitantes des Jeux. Grâce au succès et la popularité du biathlon, le départ en ligne (ou mass-start) a fait son apparition quatre ans plus tard lors des Jeux Olympiques de Turin en 2006. Cet ajout a porté le programme olympique de biathlon à cinq épreuves dont un relais, tant chez les hommes que chez les dames.

 Le relais dames français remporte l’or aux JO d’Alberville 1992.

Le biathlon aujourd’hui

L’engouement généré par ces nouvelles épreuves, toutes aussi passionnantes que stressantes, a eu un réel impact télévisuel. Chaque hiver en Europe, des dizaines de millions de téléspectateurs se massent devant leur télé pour regarder le biathlon. Il est devenu le sport d’hiver le plus suivi sur le vieux continent, avec en France des pics à plus d’un million de téléspectateurs sur La Chaîne L’Équipe, diffuseur en clair depuis quatre saisons à présent. Toujours dans la volonté de rendre encore plus attractive la discipline, l’IBU approuvera en 2004 le format du relais mixte, ainsi que celui du relais simple mixte en 2015, dernier changement en date.

Nove Mesto 2015, premier relais simple mixte de l’histoire.

Martin Fourcade au micro de La Chaîne L’Équipe.