IBU Cup

Camille Bened : “Je n’ose pas y croire”

Deuxième du sprint d’Otepaa, Camille Bened a remporté le classement général de l’IBU Cup. Une performance qui va lui permettre de découvrir la coupe du monde la semaine prochaine. La Montblanaise est très émue.

Beaucoup de satisfaction, de la fierté et du soulagement parce que ça fait deux années que j’ai des hivers compliqués, que je regarde les autres à avoir de bons résultats, avoir des globes, etc… Au bout d’un moment c’est un peu pesant. Je me suis demandée si un jour j’allais enfin y arriver. Et là d’avoir réussi à faire une saison complète et aboutie, c’est une fierté.

Camille Bened (FRA) © Nordnes/NordicFocus
  • Que représente ce gros globe ?

La persévérance. De toujours s’accrocher, d’avoir continué de travailler. Ces épreuves m’ont servie dans le sens où j’ai gagné en maturité, je suis devenue plus forte mentalement. Quand on est obligée de se battre tout le temps pour revenir, le mental est hyper important. D’avoir traversé toutes ces épreuves m’a permis d’être plus forte.

Sur cette fin de saison, j’étais plus libérée et mieux derrière ma carabine, j’ai retrouvé mon niveau tir.

  • Tu es plus forte mentalement et tu as aussi progressé physiquement avec des gros temps de ski en cette fin d’hiver…

Il y a une progression sur les temps de ski. Au niveau du tir, je me suis un peu perdue au milieu de l’hiver. Sur cette fin de saison, j’étais plus libérée et mieux derrière ma carabine, j’ai retrouvé mon niveau tir. D’avoir réussi à combiner les deux, ça m’a permis de faire une super saison avec beaucoup de podiums et régulièrement dans le top 10.

Camille Bened (FRA) © Nordnes/NordicFocus
  • Tu t’élançais aujourd’hui avec une marge de 86 points sur Voldiya Galmace Paulin. Ça t’a permis de courir plus sereinement ?

Ça fait quelques jours que je suis sereine, depuis la poursuite et le gain du petit globe. Ce globe m’a libérée. J’ai pris les courses plus sereinement. Après, j’avoue je n’étais pas trop confiante depuis mercredi. Je suis tombée, je me suis fait mal, mon corps est un peu meurtri. Je me demandais comment ça allait réagir sur le sprint. Finalement ça s’est plutôt bien passé, même si à froid ce n’est pas la même (rires). Avec l’adrénaline ça s’est bien passé, je ne pensais pas pouvoir me battre comme ça aujourd’hui.

Le gros globe était un premier objectif qui devait pouvoir m’ouvrir les portes de la coupe du monde à Oslo.

  • À l’image des Françaises sur la coupe du monde, vous avez réalisé un hiver exceptionnel sur l’IBU Cup. Comment as-tu vécu personnellement cette densité ?

On a une équipe assez dingue cette année. Il y a un niveau de fou chez les filles. Ça a pu être compliqué par moment, par exemple, quand on est la seule à ne pas être aux fleurs. Ça peut provoquer des remises en question. Mais d’un autre côté ça boost et ça donne envie d’être meilleure pour prouver qu’on a notre place. On est toujours obligées de se battre.  

Voldiya Galmace Paulin (FRA), Camille Bened (FRA), Paula Botet (FRA), Juni Arnekleiv (NOR), Gilonne Guigonnat (FRA), Gro Randby (NOR) © Nordnes/NordicFocus

C’est vraiment un rêve, je ne sais pas quoi dire (au bord des larmes, ndlr). Je n’ose pas y croire. Depuis le début de la saison c’était vraiment le gros objectif. Le gros globe était un premier objectif qui devait pouvoir m’ouvrir les portes de la coupe du monde à Oslo. Et là le fait de pouvoir aller en coupe du monde, c’est un truc de ouf. Ça fait tellement de temps que j’en rêve et que j’ai vu d’autres y accéder alors que j’avais toujours quelque chose qui m’empêchait de pouvoir le faire. Là de pouvoir y aller, je n’en reviens toujours pas !

Camille Bened (FRA) © Nordnes/NordicFocus
  • Comment te projettes-tu sur cette étape ?

Ça va être full plaisir mais j’ai aussi envie de montrer que je suis capable de faire de belles choses en coupe du monde. Je veux prendre du plaisir mais j’ai envie de faire mon biathlon à 100% sans me fixer d’objectif. Ça va être un week-end de dingue. Ma famille va pouvoir venir, ça va être ouf.

Crédit photo : Nordnes/NordicFocus