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Marte Olsbu Roeiseland : “Antholz était juste fou”

La Norvégienne, numéro cinq mondiale, est revenue dans le dernier numéro d’IBU Magazine sur son incroyable performance lors des derniers mondiaux. Pas encore rassasiée, elle a désormais les Jeux Olympiques de Pékin dans le viseur.

Si elle ne s’est pas battue pour le général lors de la dernière saison écoulée, Marte Olsbu Roeiseland fait tout de même partie des grandes dames de l’hiver. Elle repartira des mondiaux d’Antholz avec sept médailles au compteur sur sept épreuves disputées, dont cinq en or. Un exploit retentissant pour celle qui n’avait jamais remporté une médaille mondiale individuelle avant cette incroyable razzia. Pour le dernier numéro d’IBU Magazine, la Norvégienne a bien voulu revenir sur cette quinzaine prolifique.

Quelques semaines plus tard, avez-vous réalisé ce que vous avez accompli à Antholz ?

Antholz était juste fou. Jamais, dans mes rêves, je n’ai imaginé que je pourrais gagner 7 médailles, dont 5 en or ! C’était tout simplement incroyable, je n’arrive toujours pas à croire ce qui s’est réellement produit. Tout est tellement surréaliste. Il s’est passé tant de choses dans ces quelques jours. D’une part, je suis très reconnaissante d’avoir pu vivre ces incroyables mondiaux à Antholz. Il s’agit d’un si bel endroit, et c’était juste de parfaits Championnat du Monde.

Cinq médailles d’or et deux de bronze, il est probablement difficile de choisir un ou deux moments, mais lequel se distingue le plus pour vous ?

Oui, c’est difficile de choisir un moment qui se démarque, car ils ont tous été incroyables pour moi, mais gagner le sprint était un sentiment incroyable. Gagner une médaille d’or individuelle aux mondiaux était mon objectif principal cette saison. Donc quand j’ai réussi à atteindre mon objectif sur la première course individuelle, c’était tout simplement incroyable. J’ai travaillé si dur et j’ai fait tant de sacrifices pour pouvoir me battre pour l’or… alors quand j’ai réalisé que c’était fait, wow, le meilleur sentiment qui soit ! Et après cela, j’avais le sentiment que le reste de la saison n’était qu’un bonus, donc j’ai simplement décidé de profiter de chaque instant et de m’amuser (ce que j’ai fait). Mais je dois aussi dire que le relais avec les filles a été un moment fort. Nous sommes arrivées dans le relais comme les grandes favorites après avoir remporté tous les relais en Coupe du Monde, et puis nous avons réussi à défendre l’or de l’année précédente. Ça a été une grande victoire, non seulement pour nous, mais aussi pour toute l’équipe : les entraîneurs, les farteurs et toute l’équipe autour de nous. C’est toujours un grand moment de gagner en équipe.

Dorothea Wierer et Marte Olsbu Roeiseland juste après la mass-start des mondiaux. Crédit photo : IBU

Et la mass-start, que s’est-il passé ?

Je ne me souviens pas de tous les détails du dernier tour (j’étais tellement fatiguée). Mais quand soudain j’ai vu Doro dans la bosse, mes entraîneurs n’arrêtaient pas de crier que je pouvais la rattraper, c’était juste fou. Doro et moi nous nous étions battues sur l’ensemble des championnats, et là nous étions si près de la fin de la course et toutes deux si fatiguées. J’ai trouvé des ressources que je ne soupçonnais même pas, et franchir la ligne d’arrivée pour une septième médaille, oh quel sentiment ! Mais quel bon combat. Ce sont de bons souvenirs à se remémorer.

Votre saison a bien commencé à Ostersund. Quand avez-vous ressenti le besoin de faire une impasse pour donner la priorité aux Championnats du Monde ? Comment en êtes-vous arrivée à cette décision ?

Cela a toujours fait partie du plan avec mon entraîneur au début de la saison. Je devais fixer des priorités strictes et m’y tenir C’est mieux pour moi si je voulais me battre pour une médaille d’or individuelle à Antholz. J’ai appris beaucoup des championnats de l’année dernière à Ostersund, où j’avais l’impression de ne pas avoir le surplus nécessaire pour donner le petit plus que vous devez avoir pour vous battre au plus haut niveau. J’ai donc décidé de faire l’impasse sur quelques courses pour être mieux préparée et me donner une meilleure chance de réaliser mon grand rêve : devenir championne du monde sur un format individuel. Mais je dois admettre qu’après le bon début de saison, c’était difficile de rentrer chez soi au lieu de continuer avec les autres. Mais je savais que je devais faire confiance à mon plan et rester confiante que j’ai fait tout ce que j’ai pu pour être préparée dans les meilleures conditions possibles pour les Championnats du Monde. En fait, j’ai reçu pas mal de critiques de la part des médias norvégiens pour avoir sauté l’étape d’Annecy Le Grand Bornand, donc quand j’ai obtenu l’or individuel, j’ai donné une bonne réponse à tous ceux qui ont douté de moi. Les critiques et les commentaires que j’ai reçu valaient vraiment la peine au vu des résultats.

Marte Olsbu Roeiseland prendra la deuxième place du sprint d’Ostersund. Crédit photo : IBU

Si l’on regarde encore une fois le passé, les Championnats du Monde d’Oslo ont été un moment clé de votre carrière. Vous nous aviez dit dans une interview pour IBU TV que le fait d’avoir remporté l’or en équipe vous a fait croire davantage en vous. Pensez-vous que les relais peuvent être d’un grand soutien dans la carrière d’un athlète ?

Oui, les Championnats du Monde à Oslo ont définitivement marqué un tournant dans ma carrière. Personne, et je dis bien personne, ne croyait vraiment que nous avions une chance, mais regardez ce qui s’est passé ! C’est le biathlon, et c’est l’une des raisons pour laquelle nous l’aimons tant. On ne connaît jamais le résultat. Après ce relais, toute l’équipe norvégienne est devenue plus confiante. Nous savions que nous étions assez performantes, il fallait juste le croire. Nous avons vraiment travaillé ensemble, comme une équipe. Même si le biathlon est surtout un sport individuel, vous êtes aussi très dépendant d’avoir une bonne équipe et un bon système autour de vous. C’est ce qui rend les relais si spéciaux et c’est toujours quelque chose que l’équipe privilégie. Donc oui, je pense vraiment que les relais peuvent être un grand soutien dans la carrière d’un biathlète, du moins pour moi.

Cette amélioration progressive vous a permis d’obtenir votre première victoire en Coupe du Monde durant la saison 2018-2019 et de fantastiques Championnats du Monde l’hiver dernier. Quelle est la prochaine étape pour vous ?

Le ciel est la limite ! Mais je ne pense pas que je continuerai à être une biathlète jusqu’à ce que j’atteigne le ciel ! [rires] Mais j’espère continuer à m’améliorer et à faire quelques pas de plus en cours de route. La saison prochaine, je me concentrerai davantage sur le général, et je ne ferai pas « tapis » pour les Championnat du Monde comme je l’ai fait cette saison, mais je commence déjà à me préparer pour les Jeux olympiques de 2022.

Le relais norvégien remporte l’or aux mondiaux d’Oslo 2016. Crédit photo : IBU

C’était une saison mémorable pour les Norvégiennes, invaincues en relais, vos succès à Antholz et Tiril si proches du gros globe. Quelle a été, selon vous, la clé de ces résultats ?

Je pense que la clé est le travail acharné au fil des années. Après la retraite de Tora Berger en 2014, nous avons dû construire une équipe étape par étape, et chaque année l’équipe s’est un peu améliorée et puis soudain en 2019/2020, nous sommes invaincues. Ce fut également un grand parcours pour l’équipe.

Interview complète à retrouver ici

Crédit photo : Icon Sport

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