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Andreas Zingerle : “En novembre, nous repartirons de zéro”

Dans un long entretien accordé à Fondoitalia.it, l’entraîneur responsable de l’équipe italienne, Andreas Zingerle, fait le point sur la préparation et revient sur un dernier hiver exceptionnel pour le biathlon transalpin. Des succès à foison prometteurs pour la prochaine saison, mais les compteurs seront bien remis à zéro le 30 novembre prochain…

Vous venez d’arriver à Ramsau, où vous êtes venus pour vous entraîner sur la neige. Comment les athlètes ont-ils réagi au retour sur skis ?

“Ils sont très heureux. Nous avons eu la chance de trouver de la neige fraîche, grâce aux chutes des derniers jours. Ils ont déjà fait leur premier entrainement sur 5 cm de neige fraîche, puis il a aussi neigé hier soir, c’est vraiment super le retour sur neige. Bien sûr, les conditions météorologiques d’aujourd’hui n’étaient pas les meilleures, les athlètes ont été forcés de s’entraîner avec du vent et du grésil, mais au moins ils s’habituent à ce qu’ils vont retrouver pendant la saison. En tout cas, oui, ils étaient très contents, aussi parce que les vraies courses se font sur skis. “

Comment la préparation s’est-elle passée jusqu’à présent ?

“Pour l’instant, très bien. Je suis satisfait du travail accompli, car nous avons pu faire tout ce que nous avions prévu. De plus, aucun de nos athlètes n’a eu de problèmes physiques particuliers, peut-être une petite panne de temps en temps, mais ils ont toujours travaillé sur une longue période de temps. “

Comment vont les deux protagonistes de la saison dernière, Dorothea Wierer et Lisa Vittozzi ?

“Eh bien, elles n’ont pas changé du tout, elles prennent toujours autant de plaisir à travailler, elles s’entraînent beaucoup. C’est agréable de pouvoir travailler avec des athlètes comme elles, parce qu’elles font toujours le maximum d’efforts pour se fixer des objectifs importants et ne veulent pas les manquer. “

Lisa Vittozzi semblait très motivée pendant les courses d’été.

“Lisa a encore grandi cette année. C’est une athlète qui veut toujours gagner, donc je n’avais aucun doute quant au fait de la voir encore meilleure.”

Lisa Vittozzi vainqueur du MFNF devant Dorothea Wierer et Justine Braisaz.

Après les succès de la saison dernière, Dorothea a-t-elle toujours faim de victoire ?

“Absolument, elle est toujours très motivée, aussi parce qu’elle voudra être un titre de championne du monde à domicile à Anterselva. Mais au-delà des championnats du Monde, elle veut tout le temps gagner, donc elle voudra aussi faire de bons résultats en Coupe du Monde.”

Avez-vous fait une préparation particulière en vous rendant en altitude à Anterselva ?

“Non, le programme est identique à celui de l’année dernière, car il a très bien fonctionné en voyant les résultats obtenus. Bien sûr, le Championnat du Monde à domicile apportera un peu plus de stress et de pression à l’équipe, mais les gars doivent juste travailler et croire en ce que nous faisons, tout comme nous y croyons.”

En parlant de stress et d’émotions, qu’est-ce que ça vous fait de mener l’équipe nationale aux Championnats du Monde à domicile ?

“Pour l’instant, je n’y ai pas encore réfléchi parce que je suis trop concentré sur le travail à faire dans une phase très importante de la saison. Je ne sais pas comment je vais me sentir, mais je suis convaincu que l’émotion sera au rendez-vous lorsque l’événement sera tout proche, je sais qu’il sera spécial pour moi. Mais c’est encore loin, avant cela nous avons beaucoup de travail à faire et beaucoup de courses. “

Revenons à la veille de la dernière étape de la Coupe du Monde de la saison dernière. Avez-vous ressenti beaucoup de pression à Oslo ?

“Ce fut certainement une semaine très difficile, aussi parce que nous sortions de très bons Championnats du Monde et que nous avions deux athlètes qui se battaient pour le général de la Coupe du Monde, donc les attentes étaient élevées. Surtout pour Doro et Lisa, ce n’était pas une semaine facile, elles avaient beaucoup de pression sur elles. De plus, à Östersund, nous avions déjà réalisé que Kuzmina et Olsbu étaient de retour, nous savions donc que ce ne serait pas facile. Nous nous en soucions beaucoup, parce que nous n’avions jamais gagné la Coupe du Monde, nous nous en étions rapprochés dans le passé, mais nous n’avions jamais ramené le gros globe en Italie. Ce n’était pas facile car il est difficile d’être au top de décembre à fin mars et on savait que les autres étaient meilleures à ce moment, en plus de la pression qui pouvait évidemment affecter les filles. En fin de compte nous l’avons fait, et ce fut une grande émotion pour nous tous.

© IBU

Sur le plan personnel aussi, ça a dû être fantastique pour vous de gagner autant lors de votre première année en tant qu’entraîneur responsable.

“C’était une grande satisfaction pour moi, mais je ne m’en attribue aucun mérite particulier. Les résultats obtenus la saison dernière sont le résultat du travail effectué ces dernières années, cela n’a pas été construits en quelques mois. J’ai continué ce que d’autres avant moi avaient commencé, nous avons un peu changé, ajouté des choses qui manquaient peut-être dans le passé, mais les victoires comme celles de la saison dernière se construisent avec le temps, grâce au travail de beaucoup.

Depuis la saison dernière, vous entrainez également avec Andrea Zattoni. Après un an de travail, comment se déroule l’entente entre vous deux ?

“C’est de mieux en mieux, aussi parce que nous avons des idées très similaires sur la façon de coacher et cela a certainement rendu le travail de plus en plus facile. Il a beaucoup contribué sur le plan athlétique et a également beaucoup d’expérience dans le domaine du tir. Andrea vient de bas, mais chaque jour, il apprend à mieux connaître le biathlon. Il fait du très bon travail “.

En été, Kuzmina et Dahlmeier ont pris leur retraite, deux adversaires dangereuses pour Wierer et Vittozzi, à ce stade, qui craigniez-vous pour la saison prochaine ?

“En novembre, nous repartirons de zéro. Sûrement pareil pour les autres équipes qui ont elles aussi travaillés dur comme nous et plusieurs athlètes seront meilleures par rapport à la saison dernière. Avec mon expérience je sais qu’en biathlon quand un athlète de haut niveau s’arrête, on pense toujours que l’année suivante les choses seront plus faciles, mais en réalité ce trou est immédiatement comblé par d’autres, peut-être quelqu’un que l’on n’attend pas. Nous ne pensons donc pas que ça sera plus facile, ça sera plus difficile que jamais. C’était aussi le cas l’année dernière. Il nous suffit de nous concentrer sur notre travail et aborder chaque course de la meilleure façon possible, en sachant que ce ne sera pas plus facile, car il y a toujours de nouveaux adversaires”.

Interview originale à retrouver ici

Crédit photo : Julien Klein

Auteur

Aymeric

Aymeric

Rédacteur Biathlon Live

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