Suite à une dernière saison olympique décevante et marquée par un profond mal-être sportif et humain, Justine Braisaz-Bouchet a choisi de préparer le prochain hiver en dehors du groupe France, au plus près de sa famille.
Un choix radical pour se relancer
La Savoyarde veut changer d’air. Après un exercice 2025/2026 qu’elle qualifie de « catastrophique » et de « déchéance sportive », Justine Braisaz-Bouchet a décidé de changer ses plans à l’entame de ce nouveau cycle olympique. En début de semaine, on apprenait dans un communiqué de la FFS qu’elle voulait préparer le prochain hiver en dehors du cadre fédéral, tout en conservant son statut en équipe de France.

Depuis plusieurs années, la Française était coachée par ses entraîneurs, tout en prenant conseil auprès de son mari, Julien Bouchet. Un fonctionnement devenu, selon elle, impossible à tenir. “J’étais le cul entre deux chaises en permanence, résume-t-elle dans les colonnes de l’Équipe ce samedi. Je n’ai jamais eu le sentiment d’être complètement intégrée à un groupe parce que j’avais un fonctionnement à double visage. ». Aujourd’hui, ce double discours a atteint ses limites. “Ça me demandait trop d’énergie. Ma méthode était trop brouillonne et je ne peux pas espérer atteindre mes objectifs si je ne fonctionne pas différemment.”

Conséquence : Justine Braisaz-Bouchet devra désormais assumer seule sa préparation : stages, déplacements, matériel et encadrement seront financés par ses propres moyens et grâce au soutien de ses partenaires. La championne olympique de Pékin prévoit notamment de passer une grande partie de l’été en Norvège avant de poursuivre sa préparation à domicile, avec l’espoir de retrouver ponctuellement le groupe France à l’approche de l’hiver.
Une saison olympique synonyme d’échec, malaise au sein du groupe
Ce changement radical intervient également à la suite d’une dernière saison éprouvante. Attendue en Italie pour briller, Justine Braisaz-Bouchet est passée complètement à côté de ses Jeux olympiques. Non sélectionnée pour le relais mixte d’ouverture malgré un succès sur Nove Mesto fin janvier, ce qu’elle a eu du mal à digérer, la Tricolore n’a jamais réussi à trouver les solutions sur les skis et derrière la carabine. « Je me suis retrouvée sans énergie, sans avoir réussi les objectifs que je m’étais fixés, avoue-t-elle. J’avais l’impression d’être juste témoin, spectatrice d’une déchéance sportive. Je me suis vraiment sentie seule. Je n’étais pas en capacité de performer. Les dés étaient jetés. La certitude c’est que mentalement je n’allais pas bien. Sportivement je ne trouvais pas les solutions, j’avais le moral au fond des chaussettes.”

Un moral au plus bas : les conséquences aussi de ces dernières années et de l’affaire extra-sportive la concernant avec Julia Simon, reconnue coupable de vol et escroquerie sur sa coéquipière à l’automne dernier, et finalement condamnée à 3 mois de prison avec sursis et 15 000 euros d’amende par le tribunal d’Albertville, et un mois de suspension par la fédération française de ski. Un dénouement et un manque de considération loin d’être à la hauteur de Justine Braisaz-Bouchet dans cette affaire qui n’a que trop duré : “Quand la justice a pris se décision, je me suis rendu compte que ça ne changeait rien. Je ne me suis pas du tout sentie considérée. On regarde tout le temps la personne accusée mais on ne parle jamais des victimes. La société pourrait fonctionner différemment.”

Malgré toutes ces difficultés rencontrées, dans un groupe féminin disloqué, Justine Braisaz-Bouchet a donc décidé de poursuivre sa carrière. La flamme est toujours là : “Je me sens encore en forme ! Je vais taffer comme une malade et me lâcher complètement. Je ne pouvais plus fonctionner avec un groupe dysfonctionnant, en essayant de me plier en quatre pour tout le monde et avoir trop envie que ça marche. Mais il n’était pas question de s’arrêter. J’aime trop ça.”
Crédit photo : Thibaut/NordicFocus

