Dans une course à rebondissements, marquée par une domination nette de la Norvège, finalement victorieuse, jusqu’à l’avant-dernier tir, la France clot son premier relais masculin de la saison 2025/2026 à la 2è place. La Suède complète le podium.
Une neige scintillante sous les coups des projecteurs suédois, des dossards bien ajustés, aux couleurs des nations engagées, des carabines affûtées, prêtes à faire parler la poudre… La coupe du monde version 2025/2026 a bel et bien débuté. Et c’est à Ostersund (SWE) que les premiers débats se sont ouverts. Après la victoire française du relais féminin plus tôt dans la journée, la France espérait réaliser le doublé parfait, grâce à son équipe de mousquetaires habituelle, composée de Fabien Claude, Quentin Fillon-Maillet, Emilien Jacquelin et Eric Perrot. La saison passée, le relais bleu s’était imposé sur toutes les étapes de la coupe du monde, ne cédant face aux Norvégiens que lors des championnats du monde. De quoi partir confiant pour cette première course de l’année.

Fabien Claude à la peine sur son debout
Premier tricolore à s’élancer, Fabien Claude, connaît une course compliquée. Il doit en effet s’employer pour conclure son tir couché (deux balles de pioche utilisées). Pire : sur son debout, le Vosgien ne parvient pas à blanchir trois cibles et doit donc passer par la case boucle de pénalité. Un début en dents de scie pour la France, qui rétrograde à la 11è place virtuelle, à plus d’une minute des Norvégiens, bien lancés par Martin Uldal (10/10 avec quatre pioches).

La remontada de Quentin Fillon-Maillet
Un classement que Quentin Fillon-Maillet, deuxième relayeur bleu, entend bien améliorer. Impeccable sur les skis, le Jurassien reprend du temps sur la piste. Il balaie les craintes éventuelles sur son tir couché, qu’il clôt par une copie parfaite. Il réitère quelques minutes plus tard sur son debout, n’ayant besoin que d’une balle de pioche pour le conclure. Un presque sans-faute qui permet à la France de grappiller de précieuses places pour venir titiller les Italiens. Les Transalpins sont à ce moment de la course 2è, derrière les Norvégiens, large leaders avec 50 secondes d’avance, grâce à la prestation soignée d’Isak Frey, incroyable derrière la carabine avec un 10/10 sans balle de pioche.

La France en 2è position après le relais d’Emilien Jacquelin…
Tout reste possible au moment de transmettre le relais à Emilien Jacquelin. Après sa 2è place sur la mass-start de Geilo en course de pré-saison il y a un peu moins de deux semaines, le Français semble particulièrement en forme sur les skis. Des efforts payants qui lui permettent de revenir très légèrement sur Sturla Holm Laegreid, 3è relayeur côté norvégien. Sur le tir couché, le Français s’offre un 5/5, là où le Norvégien doit piocher une fois. Sur le tir debout, en revanche, les conditions météorologiques commencent à se faire sentir.

Si le Norvégien parvient à s’extirper du pas de tir sans gros soucis, il n’en est pas de même pour ses poursuivants. Emilien Jacquelin connaît un tir compliqué. L’Isérois ne parvient pas à toucher une cible, qui reste noire malgré les balles de pioche. Il doit tourner une fois. Côté italien, l’addition est encore plus salée pour Didier Bionaz, qui cède à la pression et aux conditions : avec seulement un 3/5, ce sont pas moins de trois tours qu’il s’ajoute et voit ainsi s’envoler tout espoir de podium.
Vetle Sjaastad Christiansen craque sur l’avant-dernier tir…
La France vire à la deuxième place au 3ème passage de relais. Si la 1ère place semble inaccessible, la Norvège disposant d’une avance considérable d’une minute, elle doit toutefois se méfier des Allemands et Suédois, bien revenus dans la course après les déconvenues de Viktor Brandt derrière la carabine (3 tours de pénalité sur son 2è tir). Mais tout semble relancé après le premier tir de Vetle Sjaastad Christiansen. Le Norvégien part à la faute. Il peine à blanchir ses cibles, mal aidé par le vent ambiant. Une restera noire malgré tous ses efforts, synonyme de tour de pénalité.

Cela permet à Eric Perrot, vainqueur de la mass-start de Geilo, de combler son écart. D’autant que le Français réussit un tir convaincant (2 balles de pioche utilisées et 5/5 sur son couché). Il ne reste qu’une quinzaine de secondes entre lui et le Norvégien. La Suède de Sebastian Samuelsson, auteur d’un 5/5 sans pioche, est également dans le même tempo. La moindre erreur sur l’ultime tir sera fatale en vue de la victoire.
… mais s’impose devant la France
Vetle Sjaastad Christiansen, affaibli par un couché difficile, ne craque pas sur son debout et délivre un 5/5. Eric Perrot l’imite quelques secondes plus tard. Sebastian Samuelsson, lui, utilise une balle de pioche pour conclure. La victoire se jouera donc entre la Norvège et la France. Elle tourne à l’avantage de Vetle Sjaastad Christiansen, qui impose sa puissance sur les skis et assoit mètre après mètre son avance. Il coupe la ligne d’arrivée en première place, 15 secondes devant le Français, et 24 devant le Suédois.

On peut également noter, dans cette course à rebondissements, la 4è place du relais allemand, bien revenu dans la course, la belle 5è position des USA de Campbell Wright et la décevante 6è place de l’Italie, très longtemps sur le podium provisoire.
Résultats
Crédit photo : Nordnes/Manzoni/NordicFocus

