A l’issue d’un sprint particulièrement relevé, Lou Jeanmonnot a concédé, pour seulement deux dixièmes, la victoire à Franziska Preuss. Leader de la coupe du monde, l’Allemande engrange de précieux points dans la lutte pour le gros globe, à deux courses de la fin de la saison.
Avantage Preuss dans la course au globe de cristal
Deux dixièmes… A l’issue de sept kilomètres et demi de sprint, de cinq tirs couché et cinq debout, c’est le mince écart qui sépare finalement la leader de la coupe du monde, Franziska Preuss, à sa première dauphine, Lou Jeanmonnot. Une preuve, s’il en fallait, du duel titanesque que se livrent les deux biathlètes en cette fin de saison. L’Allemande avait eu la lourde tâche de partir six dossards avant la Française. Pas de renseignement sur sa concurrente directe, pas de droit à l’erreur. Franziska Preuss, pourtant, ne montrait aucun signe de fébrilité au moment de son premier tir. Avec un 5/5, elle virait logiquement en tête. Quelques minutes plus tard, Lou Jeanmonnot se présentait à son tour sur ce même pas de tir. Une seule erreur derrière la carabine et tout rêve de gros globe pouvait s’envoler. Mais nulle trace de pression sur les épaules de la Française, qui répondait par un plein à l’Allemande.

Sur les skis, le coude à coude était également à son comble, aucune des deux ne réussissant à creuser un éventuel écart. Au kilomètre 4,4 de la course, Lou Jeanmonnot n’accusait que quatre secondes de retard sur Franziska Preuss… Tout se jouerait donc sur le debout. L’Allemande se devait de blanchir ses cibles. Forte d’une solide régularité tout au long de la saison, elle en fit preuve une nouvelle fois lors de cet ultime tir engagé pour s’offrir un plein, synonyme, a minima, de podium. Derrière, la pression changeait encore de camp : Lou Jeanmonnot n’avait plus d’autres choix que de réussir à son tour le 5/5. La Française aurait pu craquer : elle n’en fit rien et brilla derrière la carabine. Pour continuer de rêver. Mais pour parvenir à s’imposer, il lui faudrait combler les cinq secondes qu’elle comptait de retard. Cinq secondes que l’Allemande avait réussi à grapiller sur le pas de tir. L’ultime boucle d’à peine deux kilomètres serait donc des plus disputées.

Dans ce duel à distance, avantage à l’Allemande, qui virait en tête à chaque intermédiaire. Mais la Française ne lâchait rien. Mieux : elle réussissait peu à peu à combler son retard, qui n’était plus que de deux secondes au kilomètre 6,7. Franziska Preuss, qui signait sur la ligne d’arrivée le meilleur temps, tremblerait donc jusqu’au bout. Avec un enjeu double : une victoire et 35 points d’avance pour le globe de cristal, ou une deuxième place et seulement 5 points d’avance. Lou Jeanmonnot donnait tout pour tenter de lui reprendre la tête. Au moment de conclure sa course, le verdict tombe : deux petits dixièmes la séparent de l’Allemande. Mais c’est bien le chiffre 2 qui s’affiche. La Française doit s’incliner pour un rien. Un résultat qui lui laisse un goût amer et qui l’obligera à aller chercher deux victoires sur les deux dernières courses de la saison : le sprint, programmé samedi, et la mass-start, dimanche.

Julia Simon 5e, Camille Bened 13e
Derrière, personne n’a semblé en mesure de rivaliser avec les deux meilleures biathlètes de la saison. Suvi Minkkinen, impeccable derrière la carabine (10/10), réussit toutefois à tirer son épingle du jeu pour se hisser sur la troisième marche du podium. Elle devance pour huit secondes la Norvégienne Ida Lien, qui s’était élancée dans le premier groupe (dossard 11) pour réussir une solide performance à domicile.

Le clan français, qui comptait dans ses rangs pas moins de neuf biathlètes, a également pu compter sur Julia Simon. Sur le podium sur ses trois dernières courses individuelles, elle a affiché une solide précision sur le pas de tir (10/10). Mais la Française lâcha de précieuses secondes sur les skis pour espérer mieux que la 5e place. Une nouvelle cérémonie des fleurs qui lui permet de conforter sa troisième place du classement général.

Pour sa première en coupe du monde, Camille Bened a confirmé sa belle forme du moment. La vainqueur du classement général de l’IBU Cup se classe 13e. Elle aurait même pu espérer mieux sans une erreur sur son tir debout. Elle tentera de combler la minute qui la sépare du duo de tête à l’occasion de la poursuite.

Un autre duel opposait également Jeanne Richard à Océane Michelon. Objectif : le dossard de meilleure jeune. Avantage avant le sprint à la première, qui réussit finalement le 9/10 (une erreur sur le debout) ce jour. Océane Michelon, quant à elle, passe à côté de son tir couché (deux erreurs). Au final, Jeanne Richard coupe la ligne d’arrivée en 17e position. Trois secondes et une place de mieux que sa compatriote, qui cède un point au classement (11 points d’écart).

Paula Botet, qui faisait son retour en coupe du monde, a réussi à un bon 9/10 (une erreur sur le couché), mais n’a pas semblé en mesure de rivaliser sur les skis. Elle termine 33e . Justine Braisaz-Bouchet, qui jouait le globe de la spécialité, a perdu tout espoir de le remporter sur son premier tir. Avec trois erreurs, il lui était impossible de venir contrarier les plans de Franziska Preuss, qui vient finalement se l’offrir. Elle en ajoutera même une supplémentaire sur son debout pour finir seulement 40e.

Sophie Chauveau, avec une erreur sur son deuxième tir, ne peut faire mieux que 49e. Ultime Tricolore engagée, Amandine Mengin a commis une erreur sur chacun de ses tirs. Pour sa première participation en coupe du monde, elle repart avec la 64e place du classement et manquera la poursuite promise aux 60 meilleures du jour.

Résultats
Crédit photo © Manzoni/NordicFocus

