Comme il y a un an, l’équipe de France débute ses championnats du monde de Lenzerheide avec le titre mondial du relais mixte. La République tchèque et l’Allemagne complètent le podium.
Julia Simon, première pour la France et sur la piste
Les championnats du monde 2025 ne pouvait pas mieux s’ouvrir pour l’équipe de France. Championne du monde en titre en relais mixte et attendue dans cette première épreuve, elle n’a laissé aucune chance, ce mercredi, aux autres nations présentes qui n’ont pu rivaliser face à une telle maîtrise. Julia Simon avait parfaitement lancé les hostilités. Première relayeuse, la Française voulait marquer les esprits d’entrée, face aux sérieuses références qui lui faisaient face : Ingrid Tandrevold pour la Norvège, Suvi Minkkinen pour la Finlande, Selina Grotian pour l’Allemagne ou encore Anna Magnusson pour la Suède.

Pas question toutefois de se laisser déconcentrer, malgré les conditions de glisse compliquées avec une neige de printemps. La Française se fait toutefois une grosse frayeur lors d’une descente. Elle entre en contact avec la Suédoise et chute. Elle casse même ses deux bâtons. Pas de quoi inquiéter Julia Simon outre-mesure : elle se remet en piste aussi vite et ne compte que sept secondes au moment de s’installer en troisième position sur le pas de tir. Une pioche plus tard sur son couché et la Française repart sixième à dix secondes de la tête de course, menée par Suvi Minkkinen. Un tir qui n’aura en revanche pas souri à Ingrid Tandrevold, qui doit passer par la case « pénalité » avant de repartir en vingt-troisième place seulement.
Selon les experts de Willwin.gg, cette performance témoigne non seulement de la résilience de Julia Simon, mais aussi de sa capacité à surmonter les imprévus avec une maîtrise impressionnante, ce qui en fait l’une des grandes favorites de cette saison.

Le deuxième sera du même acabit pour la Norvégienne, qui passe à côté de son tir debout et doit à nouveau tourner. Selina Grotian aurait pu l’accompagner : elle se fait peur et doit s’employer à deux reprises pour combler les deux balles ratées. Julia Simon, de son côté, connaît un destin totalement opposé : elle réalise le plein et recolle à quatre secondes de Suvi Minkkinen, également impeccable et solidement ancrée en tête. Au coude à coude, les deux biathlètes offrent une fin de relais intense, la Française réussissant à doubler la Finlandaise sur la bosse principale de la piste et, par la même occasion, à passer le relais à Lou Jeanmonnot en tête.
Lou Jeanmonnot accroît l’avance tricolore
Les écarts commencent déjà à être conséquents après ce premier passage. Parmi les nations attendues, l’Allemagne et l’Italie comptent 20 secondes de retard, la Suède une minute et la Norvège deux. Lou Jeanmonnot, solide deuxième du classement de la coupe du monde, compte bien asseoir sa position de leader. Elle se défait logiquement de la Finlandaise Sonja Leinamo pour s’installer seule sur le pas de tir avec une vingtaine de secondes d’avance. Un écart qu’elle accentue grâce à un couché totalement maîtrisé (5/5) : 30 secondes la séparent désormais du peloton de chasse, formé notamment par l’Italienne Dorothea Wierer et l’Allemande Franziska Preuss, qui piochent chacune une fois.

Le deuxième tour de piste de Lou Jeanmonnot lui permet de grapiller quelques secondes supplémentaires avant de retrouver le pas de tir. La Française passe proche d’un nouveau 5/5, butant sur son ultime balle. Une erreur qu’elle comble rapidement. Derrière, les fautes sont également de mise et freinent tout espoir de remontée. La Suédoise Hanna Oeberg doit même effectuer un tour de pénalité et vire seulement en neuvième place. Lou Jeanmonnot sort grande vainqueure de ce deuxième relais : la France est désormais seule en tête, avec une belle avance de 45 secondes.
Eric Perrot intouchable
Eric Perrot, qui entre à son tour en lice, réussira-t-il à maintenir cet écart ? Lukas Hofer (ITA), Philipp Nawrath (GER), Martin Ponsiluoma (SWE) et Sturla Holm Laegreid (NOR), qui font également apparition sur les pistes, entendent bien le réduire. Il faudra pour cela être rapide sur les skis, impeccable derrière la carabine… et compter sur une défaillance du Français. Las… Eric Perrot est intraitable sur son tir couché. Un nouveau 5/5 pour l’équipe de France qui ne connaît à ce stade aucune défaillance majeure. Un plein que réussissent également Vitezslav Hornig (CZE) et Philipp Nawrath, qui prennent les deuxième et troisième positions provisoires. Insuffisant toutefois pour revenir : c’est désormais près d’une minute qui sépare l’équipe de France de ses poursuivants qui doivent désormais attendre un miracle pour reprendre la tête.

Celui-ci n’aura pas lieu lors du tir debout. Eric Perrot, malgré l’enjeu de l’événement, réussit un nouveau plein. Avec quelques secondes d’hésitation toutefois : il engage en effet ses trois premiers tirs mais marque une pause… A cette seconde, on aurait pu imaginer que le scénario se complique pour le Français : mais celui-ci ne plie absolument pas et réussit à blanchir les deux dernières cibles. C’est avec la manière qu’il conclut ainsi son relais… qu’il transmet à Emilien Jacquelin avec désormais près d’1 minute 30 d’avance.

Car derrière, les erreurs se cumulent : une pour Lukas Hofer, trois pour Philipp Nawrath. Si l’or semble hors de portée, l’argent et le bronze semblent à la portée de l’Italie et de l’Allemagne. Un peu plus loin, on assiste à la belle remontée de Sturla Holm Laegreid. Grâce à solide 9/10 (une pioche), le Norvégien remonte au classement (8è position). Il faudra un exploit de Johannes Boe, dernier relayeur, pour revenir sur Tommaso Giacomel (ITA) et Justus Strelow (GER) et se hisser sur le podium.
La pression puis l’or pour Emilien Jacquelin
Deux tirs restent au programme des derniers biathlètes en lice. Emilien Jacquelin assure sur son premier et n’utilise qu’une pioche. Derrière, l’Allemagne de Justus Strelow s’offre un plein aux accents de médailles et repart deuxième à 1minute 18 derrière le Français. Tommaso Giacomel, pourtant en verve sur ses dernières sorties de coupe du monde, part à la faute. Pire : l’Italien est contraint de tourner sur l’anneau de pénalité. Des erreurs qui permettent au Tchèque Michal Krcmar de virer troisième. La Suède, portée par le plein de Sebastian Samuelson, en profite pour remonter quelques places (quatrième position), 25 secondes devant Johannes Boe, lui aussi impeccable et désormais sixième.

Le suspense reste donc à son comble avant le debout. Emilien Jacquelin, sous le poids de l’émotion, connaît un tir particulièrement difficile. Le Villardien part à la faute à deux reprises et ne parvient pas à blanchir une cible : il devra aller tourner à son tour. Un vent d’inquiétude rapidement balayé tant l’avance de la France était importante. Emilien Jacquelin part sur l’anneau de pénalité alors même que son concurrent direct, Justus Strelow, n’est pas encore arrivé sur le pas de tir. Même si ce dernier réussit un nouveau 5/5, c’est donc bel et bien l’or qui l’attend à l’issue de sa course et qui vient récompenser la démonstration royale de toute son équipe.

Si l’argent semble promis à l’Allemagne, la médaille de bronze est plus disputée. Quatre équipes repartent quasiment au coude à coude à l’issue d’un tir debout incroyable : la République tchèque de Michal Krcmar, qui doit piocher deux fois, la Norvège de Johannes Boe, qui a dégainé un plein incroyable, la Suède de Sebastian Samuelson, fautif deux fois, et la Suisse de Niklas Hartweg, auteur d’un plein. On pense à ce moment que Johannes Boe saura faire la différence sur les skis. Mais le Norvégien reste planté sur la neige face à l’assaut du Tchèque. Ce dernier revient même sur Justus Strelow, qui ne peut que s’incliner à son tour. L’argent revient finalement à l’incroyable équipe tchèque, quatre secondes devant l’Allemagne et sept devant la Norvège. Une première épreuve riche en émotions qui se conclut par la domination sans partage de la France, qui donne déjà le ton : réussira-t-elle à continuer sur cette lancée ? Réponse dès le 14 février, avec le sprint dames.
Résultats
Crédit photo : Thibaut/NordicFocus

