Les origines
Une affaire militaire avant d’être un sport
Le biathlon, qui signifie “double épreuve”, trouve ses racines en Scandinavie et en Finlande. Des peintures rupestres datant de plus de 4 000 ans ont été retrouvées en Norvège montrant deux hommes sur des skis traquant des animaux. Moins comme moyen de survie personnel que comme forme de protection nationale, le biathlon a joué un rôle essentiel dans la vie militaire à partir des années 1700.

La première compétition
Deux patrouilles gardant la frontière suédo-norvégienne s’affrontent : c’est la première compétition de biathlon recensée. Le sport naît d’une nécessité militaire, pas d’un loisir.
Le premier club de ski au monde
Le Trysil Rifle and Ski Club est fondé en Norvège pour promouvoir la défense nationale au niveau local. Il reste à ce jour le plus ancien club de ski connu.
Chamonix, la patrouille militaire
La première véritable compétition internationale de biathlon a lieu pendant les Jeux Olympiques d’hiver de Chamonix en 1924. Pendant ces Jeux, la patrouille militaire (épreuve par équipe composée de quatre membres : un officier, un sous-officier et deux soldats) entre dans le programme olympique comme discipline de démonstration et le restera jusqu’aux Jeux de 1948. Les Norvégiens et les Finlandais dominent globalement ce format de course. Les Italiens remporteront tout de même l’or en 1936.

Les skieurs finlandais repoussent l’envahisseur
Au cours du XIXe siècle, le biathlon s’est répandu dans le reste de l’Europe. Dès la Première Guerre mondiale, les deux camps emploient ces techniques de combat hivernales. En 1939, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, des troupes de skieurs finlandaises repoussent les envahisseurs russes le long de leur frontière. D’autres nations montent ainsi leurs propres unités, dont la célèbre 10e division de montagne américaine, qui percera en Italie du Nord la ligne gothique réputée impénétrable.
L’invention d’un sport
Le sport se détache de l’armée
L’UIPMB naît, le CIO reconnaît la discipline, les premiers Championnats du monde se courent. Une seule épreuve alors : un individuel de 20 kilomètres avec quatre passages sur le pas de tir à des distances de 100 m (debout), 150 m, 200 m et 250 m (couché) des cibles. Une cible manquée équivalait à deux minutes de pénalité. Les munitions, des balles de calibre 3.08, puis .223, étaient dans une ceinture portée autour de la taille de l’athlète.
L’UIPMB, et la fin de la patrouille
L’Union Internationale de Pentathlon Moderne et de Biathlon est créée en tant qu’organe dirigeant international du biathlon et du pentathlon moderne. La même année, le sentiment antimilitariste d’après-guerre fait retirer la patrouille militaire du programme olympique.
Reconnaissance du CIO
Le Comité International Olympique reconnaît le biathlon comme sport olympique d’hiver.
Premiers Championnats du monde
Seefeld, en Autriche, accueille six nations. Une seule épreuve au programme : l’individuel 20 km, quatre tirs à 100, 150, 200 et 250 mètres, une cible manquée valant deux minutes de pénalité.

Squaw Valley : le biathlon est olympique
Première participation du biathlon aux Jeux olympiques d’hiver en tant que sport à médailles.
Une seule distance de tir
Les quatre distances disparaissent au profit d’une seule : 150 mètres, couché comme debout. Le système de pénalité est également revu. Les cibles, mesurant 125 mm en position couchée et 350 mm en position debout, sont entourées d’une zone de punition (une minute) allant respectivement jusqu’à 250 mm et 450 mm de diamètre. Au-delà de ces limites, une seconde zone applique une pénalité de deux minutes.
L’ouverture
La Coupe du monde et l’essor du biathlon féminin
Le calibre .22, le stand de tir à 50 mètres, les cibles mécaniques, un circuit annuel : le biathlon devient un sport de compétition à part entière, et cesse d’être une affaire d’hommes. En 1968, le relais est devenu une épreuve médaillée aux Jeux Olympiques de Grenoble. Le sprint a été inclus dans le programme des Championnats du Monde de Minsk en 1974 et dans celui des Jeux de Lake Placid en 1980.

Le calibre .22 et le tir à 50 mètres
La carabine de calibre .22 Long Rifle devient le standard et la distance de tir est réduite de 150 à 50 mètres, et reste la même aujourd’hui. Ce changement permit au biathlon de se démarquer du monde militaire et de devenir un véritable sport avec la création de la Coupe du Monde (masculine).
Les cibles mécaniques
Au Jeux de Lake Placid, des cibles mécaniques basculantes, presque identiques à celles d’aujourd’hui, sont utilisées pour la première fois en grande compétition. L’apparition des cibles électroniques à la fin des années 1980 a transformé le biathlon en ce qu’il est aujourd’hui.
La Coupe du monde féminine
Cinq ans après les hommes, les femmes obtiennent leur circuit. En 1989, à Feistritz, les courses masculines et féminines se déroulent enfin simultanément.
Des Championnats du monde communs
Les premiers Championnats du monde féminins ont eu lieu à Chamonix, en France, en 1984. Ils sont organisés séparément des mondiaux masculins. Les compétitions masculines et féminines fusionnent lors des Championnats du Monde de 1989 à Feistritz en Autriche et se déroulent désormais lors de chaque saison, hors Jeux Olympiques.
Albertville : les femmes aux Jeux
Le biathlon féminin est inclus pour la première fois comme sport médaillé complet aux Jeux d’hiver de 1992 à Albertville, en France. Le CIO en avait voté l’insertion quatre ans plus tôt.
Le sport de télévision
Le biathlon moderne
L’IBU multiplie les formats où l’on voit qui gagne en franchissant la ligne. Le biathlon devient le sport d’hiver le plus suivi d’Europe, avec des pics au-delà du million de téléspectateurs en France.

Naissance de l’IBU
Le sport est assez fort pour se séparer de l’UIPMB : l’Union Internationale de Biathlon (IBU) est fondée, reconnue par le CIO en 1998. Depuis sa création, la fédération n’a cessé de rendre encore plus attractif le biathlon avec l’apparition des courses à confrontation directe (poursuite et mass-start). Elle dirige aujourd’hui 64 nations membres (Mars 2026).
La poursuite aux Jeux
Ajoutée au programme olympique à Salt Lake City, la poursuite devient l’une des compétitions les plus suivies des Jeux : pour la première fois, le premier sur la ligne est le vainqueur.
La mass-start à Turin
Le départ en ligne (ou mass-start) fait son apparition lors des Jeux Olympiques de Turin en 2006, portant le biathlon à cinq épreuves dont un relais, tant chez les hommes que chez les dames.
Le premier relais mixte simple et une popularité grandissante
Premier relais mixte simple de l’histoire à Nove Mesto. Depuis cette même saison, La Chaîne L’Équipe diffuse le biathlon en clair en France. L’engouement généré par ces nouvelles épreuves, toutes aussi passionnantes que stressantes, a eu un réel impact télévisuel. Chaque hiver en Europe, des dizaines de millions de téléspectateurs se massent devant leur télé pour regarder le biathlon. Il est devenu le sport d’hiver le plus suivi sur le vieux continent, avec en France des pics à plus d’un million de téléspectateurs. Le format du relais mixte simple intègre le programme des épreuves de biathlon pour les Jeux olympiques des Alpes françaises 2030. Le biathlon comptera douze épreuves au Grand-Bornand et atteindra la parité hommes-femmes, une première pour des Jeux d’hiver.

L’IBU rattrapée par la corruption
En avril, Anders Besseberg quitte la présidence qu’il occupait depuis la fondation de la fédération : une enquête le soupçonne d’avoir couvert des dizaines de cas de dopage russes. En septembre, le Suédois Olle Dahlin est élu à Porec (Croatie) et engage une refonte complète de la gouvernance.
La Russie et la Biélorussie exclues
Le 29 mars, un mois après l’invasion de l’Ukraine, l’IBU suspend les deux fédérations. La mesure, reconduite chaque saison depuis, prive le circuit d’une de ses nations fondatrices.
Le fluor banni des farts
Après trois reports dus au manque de fiabilité des détecteurs, l’IBU interdit totalement les farts fluorés à partir de la saison 2023/2024. Seuls les produits C8 les plus chargés en carbone l’étaient jusque-là. Chaque paire de skis passe désormais sous un appareil de contrôle, l’Alpha II, avant le départ.

