Coupe du Monde

Oslo Holmenkollen – Julia Simon sur son sprint avec Hanna Oeberg : “J’aurais fait exactement la même chose”

Battue dans les tout derniers mètres par Hanna Oeberg, Julia Simon est revenue avec beaucoup de lucidité sur le sprint final qui lui coûte la victoire.

Un duel franco-suédois qui tourne à l’avantage d’Hanna Oeberg

La dernière poursuite féminine de cette saison aura été indécise puisqu’il aura fallu attendre les tout derniers mètres pour savoir qui de Hanna Oeberg ou de Julia Simon s’imposerait. Pourtant, la Suédoise avait réussi à décrocher la Française dans la dernière grosse difficulté à un peu moins d’un kilomètre de la fin. Mais c’est bien connu, Julia Simon n’abandonne jamais. À force de résilience, elle revenait dans les skis d’Hanna Oeberg avant la dernière ligne droite. Commençait alors un sprint fou : les deux biathlètes s’engageaient au coude à coude dans les sapinettes. Lucide, Hanna Oeberg repoussait Julia Simon sur la droite, qui ne pouvait donc pas jeter le ski.

Julia Simon (FRA), Hanna Oeberg (SWE) © Nordnes/NordicFocus.

À la fin de sa course, Julia Simon a facilement reconnu la supériorité tactique de la Suédoise : “Elle joue très bien le coup, disait-elle au micro de la chaîne l’Équipe. J’aurais fait exactement la même chose. J’étais complètement rincée. Elle me décroche dans la grosse bosse. Je reviens un peu à la tronche en me disant que la victoire est juste là, que je ne peux pas la laisser passer. Je reviens dans ses skis et je me dis qu’il va vraiment falloir prendre de la vitesse dans la petite descente. Ces conditions de ski sont tellement difficiles, avec cette neige qui est comme de la soupe. On s’enfonce. Je n’arrive pas à prendre assez de vitesse et c’est moi qui fais une erreur. J’étais totalement oxy. J’aurais dû déboiter avec plus de vitesse, m’imposer, sortir un peu les épaules. Je me laisse un petit peu marcher dessus. Après l’erreur qui me coûte un peu cher c’est que je perds un peu l’équilibre. Je lui marche sur le bâton. J’ai failli lui casser le bâton. Je perds l’équilibre.

Julia Simon (FRA), Hanna Oeberg (SWE), Elvira Oeberg (SWE) © Authamayou/NordicFocus.

“C’était un très beau sprint. Elle l’a super bien joué. Elle a été supérieure à moi aujourd’hui et je suis contente d’avoir réussi à livrer une bataille de cette envergure.”, concluait-elle.

Le dernier tour aura été à l’image de cette poursuite : irrespirable. Partie première, Hanna Oeberg ouvrait la porte en commettant deux erreurs sur son premier tir. Une quarantaine de secondes derrière, Julia Simon n’en demandait pas tant : “C’était vraiment super sympa de faire des erreurs pour me laisser revenir sur le premier tir (rires), plaisantait-elle. Quand j’arrive sur le premier tir, je vois des erreurs. Je me dis que c’est maintenant. Ça m’a transcendé. J’ai dû essayer de rester vraiment dans mon truc. J’avais envie d’y aller encore plus vite pour pouvoir ressortir à la bataille. Derrière, faire la course avec elle [Hanna Oeberg, ndlr], c’était très très agréable. Surtout qu’en ce moment les Suédoises sont en très grande forme. Pouvoir rivaliser, c’est du plaisir.”

Julia Simon (FRA) © Authamayou/NordicFocus.

Avec dix-neuf victoires individuelles en coupe du monde au compteur, Julia Simon n’est qu’à une longueur d’égaliser Sandrine Bailly. Mais la Savoyarde l’avoue, elle n’en fait pas un objectif : “Je n’y pense pas du tout . Toutes les filles sont fatiguées. Peut-être que j’arrive un peu à tirer mon épingle du jeu en mettant mon énergie au bon moment, au bon endroit. Pour le moment je ne vais pas lâcher. Je ne me focus pas sur les victoires. Cet hiver c’est un petit peu la victoire ou rien car je n’ai pas fait énormément de podiums. Je suis très contente d’être sur ce podium, de faire du beau tir, du beau biathlon et de terminer la carrière de Paulo [Jean-Paul Giachino, ndlr] de la plus belle des manières.”

Sur la mass-start de demain, Julia Simon pourrait remporter son troisième petit globe en carrière. Dossard rouge sur les épaules, elle s’élancera avec quarante-cinq points d’avance sur Lou Jeanmonnot, cinquante-quatre sur Océane Michelon.

Crédit photo : Nordnes/Nordic Focus