Récent vainqueur du classement général IBU Cup, Gaëtan Paturel est récompensé en étant sélectionné pour les finales de la Coupe du monde en Norvège, sa toute première sélection. La biathlète originaire d’Annecy revient pour nous sur cette sélection et sur cette saison exceptionnelle.
- Bonjour Gaëtan. Quel est le sentiment à l’issue de cet hiver d’IBU Cup riche en émotions et en succès ?
Il y a beaucoup de fierté. Je me sens fier d’avoir réussi à faire ça (remporter le général IBU Cup, ndlr). Cette saison est juste exceptionnelle, je ne m’attendais pas du tout à faire cet hiver. C’est beaucoup de fierté de ce travail accompli et de satisfaction.
- Que représente pour toi ce gros globe de cristal ? Tu es d’ailleurs le premier français (chez les hommes) à obtenir cette récompense…
Ça représente tout le travail que j’ai pu fournir sur toutes les années précédentes, sur toute la préparation estivale. Ce n’est pas une fin en soi. Une récompense encore plus grande sera un gros globe sur la Coupe du monde mais c’est clairement une étape assez satisfaisante que je peux cocher dans ma carrière. C’est quelque chose qui me permet d’ouvrir potentiellement des portes sur la suite. D’être le premier français à remporter ce globe, ce n’est pas à quelque chose que je pensais quand je courais, mais ça amène forcément un peu de fierté d’être à jamais le premier athlète français masculin à avoir gagné ce gros globe en IBU Cup. Ça apporte une petite satisfaction en plus.

C’est une satisfaction pour toute l’équipe d’être aux quatre premières places du général.
- À quel moment le gros globe de cristal est devenu un objectif ?
Le gros globe n’a jamais vraiment été un objectif dans ma préparation. Je voulais surtout faire des premiers podiums en IBU Cup et de monter en Coupe du monde durant l’hiver. Il y en a un des deux qui a été validé, et bien plus que validé puisque j’ai eu mes premières victoires. Cet objectif du gros globe est arrivé sur la fin de saison quand je suis parti de Sjusjoen avec le dossard vert sur les épaules. C’est à ce moment-là où j’ai commencé à me dire que ça pouvait être un objectif. Quand je suis arrivé sur les courses américaines, c’est quelque chose qui était dans mon esprit, dès la première course.
- Tu as livré une belle bataille face à Damien Levet pour le classement général. Comment s’est passée cette lutte entre vous deux ?
C’était vraiment sympa cette bataille avec Damien. Que ce soit avec Damien ou les autres français, Antonin et Valentin, c’est juste ouf de pouvoir se “battre” avec ses propres coéquipiers et potes. C’est une satisfaction pour toute l’équipe d’être aux quatre premières places du général.

Avec Damien, on était dans la même chambre aux États-Unis. C’était assez marrant de vivre ça à deux. Ça nous a jamais trop impacté. On a eu la chance de se battre pour ce classement général, c’était plaisant. J’ai préféré me battre avec Damien qu’avec un étranger car le globe allait à l’équipe de France. C’est un globe d’équipe. Ça montre la puissance du groupe B et qu’il y a une relève qui attend une seule chose : à pouvoir performer au plus haut niveau.
Ça montre la puissance du groupe B et qu’il y a une relève qui attend une seule chose : à pouvoir performer au plus haut niveau.
- Et il n’y a pas que le gros globe ! Il y a aussi deux petits globes, des médailles aux Europes, des récompenses partagées avec les coéquipiers,…
Je ne m’attendais pas à faire ça. Quand la saison sera terminée, je vais regarder derrière et voir tout ce que j’ai pu faire. Je suis encore dans la suite de la saison mentalement. En y repensant, c’est juste une saison magnifique. L’année dernière, j’avais terminé huitième du général avec comme meilleure performance une cinquième place. Là, de pouvoir faire plusieurs podiums et victoires, c’est juste incroyable et bien au-delà de mes espérances.

- Qu’est-ce qui te rend le plus fier finalement sur cet hiver ?
C’est cette capacité que j’ai pu avoir de trouver le plaisir derrière la carabine et sur les skis. Je n’ai pas commencé ma saison de la meilleure des façons : la sélection ratée pour aller sur la Coupe du monde et des premières courses en IBU Cup vraiment catastrophiques. En arrivant à Ridanna (deuxième étape, ndlr), je n’étais même pas classé dans le top 40. J’ai eu pas mal de petits soucis : une carabine qui a pété et autres que le sportif. J’ai réussi à remonter la pente. C’est ça ce dont je suis le plus fier. Cette capacité de résilience et de détachement sur le courses : prendre du recul par rapport aux résultats, à cette pression que j’avais sur le début de l’hiver.
- Et ta super saison en IBU Cup va donc te permettre découvrir la Coupe du monde à Oslo. Quel est le sentiment à quelques jours de débarquer à Holmenkollen ?
C’est la cerise sur le gâteau. Je pense qu’il n’y a pas meilleur endroit pour attaquer une Coupe du monde, hormis peut-être le Grand Bornand. Oslo, c’est un site mythique, la Mecque du biathlon. C’est ouf d’attaquer la Coupe du monde là-bas. Il va y avoir une ambiance de l’espace, ça va être incroyable. Je suis très content, j’ai hâte de partir et de vivre cette expérience. J’ai zéro pression sur les courses. Je ne suis pas attendu, j’y vais vraiment pour m’amuser. Une partie de ma famille sera sur place, ça va être génial de pouvoir partager ça avec eux. Je ne me suis pas encore projeté sur les courses mais il y a potentiellement trois courses à disputer : j’ai envie de me qualifier pour les trois. Au moins faire ce que j’ai réussi à faire sur toute la saison : me faire plaisir et m’amuser avec un dossard sur le dos.
Oslo, c’est un site mythique, la Mecque du biathlon. C’est ouf d’attaquer la Coupe du monde là-bas.

- D’ailleurs, comment avais-tu vécu d’être passé à côté de la sélection pour Ostersund lors des courses de pré-saison de Geilo en novembre ?
Ce n’était pas très grave. En y allant, je savais que ça allait être compliqué. Entre Oscar et Antonin, il y avait deux gars qui étaient plutôt bien à ce moment-là et il n’y avait qu’une place. Je ne me voyais pas me dire que je serai absolument à Ostersund. Ce qui m’a le plus contrarié, ce sont plutôt mes courses à Geilo. Elles n’étaient pas bonnes, j’ai pris des roustes derrière la carabine, ça n’allait pas du tout. Ça m’a mis une petite pression supplémentaire de me dire que j’ai vécu cette sélection et que je devais absolument monter sur la Coupe du monde par la suite en IBU Cup. Il y avait beaucoup trop de pression sur mes épaules. Il n’y avait pas tant de déception, mais surtout cette pression qui s’est rajoutée sur le début de saison d’IBU Cup.
Crédit photo : Vanzetta/NordicFocus

