Éblouissant ce vendredi à Antholz, Quentin Fillon Maillet est le nouveau champion olympique du sprint devant Vetle Sjaastad Christiansen et Sturla Holm Laegreid. Émilien Jacquelin quatrième à deux dixièmes du podium.
L’or par trois
Nouvelle journée de biathlon, nouvelle performance bleue aux Jeux olympiques de Milan Cortina. Elle est venue ce vendredi de Quentin Fillon-Maillet, deux jours après le sacre de Julia Simon sur l’individuel. Déjà titré individuellement à deux reprises à Pékin en 2022, le Français a une nouvelle fois fait parler la poudre de son talent à l’occasion du sprint. Une victoire, certes, mais avec quelle manière !

A 14h, alors que le premier dossard s’élançait, Quentin Fillon Maillet attendait patiemment son tour… avec l’envie du battant. Celle qu’on lui connaît sur les grands événements et qui lui a déjà permis de briller à maintes reprises pour s’offrir un palmarès déjà impressionnant. Titré sur le relais mixte le week-end dernier, c’est avec une soif d’or qu’il se présentait ce vendredi avec le dossard 40, synonyme de première référence majeure dans ce sprint. Dès les premiers mètres, le tempo était donné. Ne restait plus qu’à passer l’épreuve du tir… dont le couché, sa bête noire ces derniers temps. Balayés les doutes, en arrivant sur le tapis : Quentin Fillon Maillet, avec sérénité, délivre une copie parfaite. De quoi dynamiter ce sprint.

Le corps répond présent également sur le ski et le Français occupe le meilleur temps provisoire. Reste à conclure, avec cette confiance acquise sur son premier tir, sur le debout, son arme favorite. Première cible blanchie, la deuxième aussi. Les troisième et quatrième suivent également. Le Français prend une ultime respiration. Le clan bleu, lui, est en apnée totale : la cinquième tombe à son tour. Une copie parfaite au meilleur des moments, associée à une vitesse folle, qui fait battre le coeur de tous les supporters français, en Italie et derrière les petits écrans. Quentin Fillon Maillet pose une sérieuse option sur le podium, voire même le titre.

Il doit pour cela attendre les résultats des références mondiales actuelles, parties après lui. Emilien Jacquelin en est le premier. Dossard 42, le Français veut se reprendre après un individuel décevant. Il se sait capable de tout, du pire, mais surtout du meilleur. C’est ce qu’il réussit ce vendredi. Incroyable sur le couché, tant de précision que de rapidité, il délivre également un tir monstrueux sur son debout. Il semble en passe de faire un énorme coup à son tour. Mais sa dernière boucle à ski s’annonce plus compliquée. Emilien Jacquelin lâche quelques dixièmes. Il passe la ligne d’arrivée en deuxième position, à 16 secondes de son compatriote. Si l’or n’est plus en ligne de mire, la médaille, elle, reste encore possible.

Les candidats au podium finissent tour à tour leur sprint. Le Suédois Sebastian Samuelson, malgré un 10/10, passe derrière à 25 secondes de Quentin Fillon Maillet (5è). Eric Perrot, médaillé d’argent sur l’individuel et parmi les favoris au sprint, lâche une balle sur chacun de ses tirs. Une déception pour le Tricolore qui termine à plus d’une minute de son aîné et ne peut faire mieux qu’une neuvième place.

L’Américain Campbell Wright, avec une erreur, ne montera pas non plus sur le podium olympique, après ses deux médailles mondiales l’an passé (12è). Tommaso Giacomel, le local de l’épreuve, le sait : il est attendu par tout un peuple. Mais l’Italien craque derrière la carabine : à deux reprises sur son couché, à une sur son debout. Tout espoir de médaille s’envole en même temps que ses balles ratées.

Reste de sérieux calibres sur la piste, notamment Sturla Holm Laegreid. Déjà en bronze sur l’individuel, le Norvégien espère bien faire la passe de deux, en pleine saison mitigée après avoir remporté la coupe du monde 2024/2025. Il est lui aussi impeccable sur le pas de tir et s’offre un 10/10. Reste à conclure sur les skis. Régulier tout au long du sprint, il s’arrache sur les derniers mètres. Il ne fera pas mieux que Quentin Fillon Maillet mais vient ravir la deuxième place virtuelle à Emilien Jacquelin… pour deux minuscules dixièmes de seconde. Sensation pour l’un, douche froide pour l’autre. D’autant qu’un Norvégien en cache souvent un autre.

Cette fois, il ne s’agit pas de Johan Olav Botn. Le champion olympique de l’individuel quelques jours plus tôt a connu une erreur sur son couché, qui lui ôte tout espoir de doublé. Moins rapide sur les skis, il doit se contenter de la 8è place à moins d’une minute. C’est finalement Vetle Sjaastad Christiansen qui vient jouer les trouble-fêtes dans l’euphorie bleue. Premier tir : plein. Un nouveau 5/5 sur le debout serait synonyme de presque médaille. L’enjeu d’un podium olympique n’a aucun impact sur l’aîné des Norvégiens qui repart lui aussi avec un 10/10. Les écarts sur la piste sont minimes et tout reste possible, d’un côté comme de l’autre.
Emilien Jacquelin au pied du podium
Mais Quentin Fillon Maillet a signé une performance majeure à ski. Personne ne peut rivaliser avec lui ce vendredi. Il devient, pour la troisième fois, champion olympique d’une épreuve individuelle, quatre fois si on ajoute le relais mixte doré 2026. Un palmarès XXL pour un champion qui ne l’est pas moins… et qui deviendra papa dans les prochains mois, un cadeau n’arrivant jamais seul. Derrière, Vetle Sjaastad Christiansen s’arrache. Ses efforts sont payants. Le Norvégien passe la ligne en deuxième position… et éjecte Emilien Jacquelin, qui y a cru jusqu’au bout, d’un premier podium olympique autant attendu que mérité.

Le Français, double champion du monde de la poursuite (2020/2021), aura toutefois toutes les cartes en mains pour tenter de monter à son tour, après les médailles obtenues par ses deux compatriotes, sur la boîte italienne. Un résultat auquel aspire également Fabien Claude. Mais avec cinq erreurs derrière la carabine (3 sur le couché, 2 sur le debout), le Français est passé à côté de sa course. La tâche s’annonce des plus compliquées pour la poursuite, avec deux minutes trente à combler.

Résultats
Crédit photo : Thibaut/NordicFocus

