Coupe du Monde

Lou Jeanmonnot : “Au moment où je tombe, je ne réalise pas”

Lou Jeanmonnot est revenue dans les colonnes de l’Est Républicain sur ce final tout aussi exceptionnel que tragique sur la mass-start d’Oslo-Holmenkollen avec cette chute dans le final la privant du gros globe de cristal.

“C’étaient les pires 500 mètres de ma vie à finir”

Si la saison de Lou Jeanmonnot est exceptionnelle (huit victoires, deuxième mondiale, deux petits globes, trois médailles mondiales,…) beaucoup de personnes ne retiendront qu’une seule chose : ce final incroyable face à Franziska Preuss ponctué par une chute. Alors que la gros globe de cristal se jouait dans le dernier tour de la mass-start d’Holmenkollen, ultime épreuve de l’hiver, la Franc-Comtoise a malheureusement chuté en entrant dans le stade, laissant filer l’Allemande vers la récompense de cristal.

Lou Jeanmonnot (FRA), Franziska Preuss (GER) © Nordnes/NordicFocus

Un final très douloureux pour la Française, en larmes après avoir franchi la ligne d’arrivée, mais tout de suite consolée par son adversaire. Moins de deux semaines après ce moment tragique, la deuxième mondiale, pour la seconde année consécutive, a posé des mots sur ces derniers mètres qui resteront dans l’histoire du biathlon : “Pendant la course, on est tellement dans une espèce de rush, cette sensation est incomparable. C’est comme s’il y avait tout et rien à la fois. Comme si j’étais dans un tunnel et que je ne voyais que la ligne d’arrivée. Au moment où je tombe, je ne réalise pas. J’avais tellement d’acide lactique que j’ai mis un peu de temps à me relever. C’est quand je vois qu’il reste dix mètres que pour le coup, il ne se passait plus rien. C’étaient les pires 500 mètres de ma vie à finir, je ne comprenais pas comment cela avait pu m’échapper aussi bêtement. C’était horrible. J’ai beaucoup pleuré plus tard ce soir-là. Mais pas sur la ligne d’arrivée car Franziska est vraiment une belle personne.

Franziska Preuss (GER), Lou Jeanmonnot (FRA) © Authamayou/NordicFocus

Je n’aurais pas eu cette réaction là avec tout le monde, mais c’est tellement quelqu’un de gentil (Franziska Preuss, ndlr), de talentueux, il n’y a pas eu l’ombre de mouvement anti-sportif chez elle. Limite, cela m’aurait fait mal d’être la personne qui lui retire ce globe parce qu’elle a galéré pendant des années. J’ai eu un peu ce réconfort là. Derrière, je me suis énormément appuyée sur tout le soutien reçu. C’est l’émotion la plus forte que j’ai ressenti de toute ma vie. Là, j’ai ressenti si intensément la frustration et l’empathie d’une petite quantité de personne, c’est le plus fort. »

Crédit photo : Authamayou/NordicFocus