Coupe du Monde

Holmenkollen – Julia Simon : “J’ai encore du mal à réaliser”

Cinquième aujourd’hui du sprint, Julia Simon est désormais assurée de soulever le gros globe de cristal demain. La Française ne réalise toujours pas l’ampleur de ce qu’elle vient de faire cet hiver.

Propos recueillis par la Chaîne l’Équipe :

J’ai donné mon maximum, j’ai senti un petit peu la pression sur le tir debout. J’ai eu du mal à le lâcher, j’avais les jambes qui tremblaient. Avant le départ, j’avais vraiment l’envie d’y aller, c’étaient des sentiments vraiment partagés. L’envie d’y aller et en même temps, ces jambes un peu fébriles en me disant “c’est le moment de concrétiser, de rester sur la continuité de la saison et que ce n’est pas un hasard”. Aujourd’hui, il y a eu un peu de déception (sa cinquième place, NDLR), mais c’est bon maintenant, c’est évacué. J’ai encore du mal à réaliser, mais ça sera plus facile demain après la course, une fois que tout sera lâché. Même si j’ai envie de lâcher prise, je n’y arrive pas, il reste encore une course demain. J’ai du mal à lâcher les choses et du coup je suis encore concentrée.

Julia Simon (FRA) – Manzoni/NordicFocus.

Cela ne se construit pas en une seule saison. Cela se construit sur le long terme. Mais je pense que c’est l’aboutissement de quatre / cinq ans de travail. J’ai travaillé depuis toujours pour ça, pour faire partie des meilleures, pour pouvoir monter sur ce podium avec les meilleures. C’était un rêve pour pouvoir me hisser ici. Il y a eu des hauts et des bas, mais c’est l’aboutissement d’un hiver monstrueux pour ma part. Je ne pensais pas être capable d’une telle régularité et surtout j’ai réussi à passer à travers les maladies et de m’écouter un peu plus quand j’étais malade. Arriver à écouter mon corps et de réussir avec Cyril (Cyril Burdet, NDLR) à adapter au mieux possible, grâce à ses compétences. Et c’est là dessus où j’ai évolué par rapport à ces dernières années. J’ai réussi à prendre du recul et c’est ce qui fait que cette année, j’ai pu faire une saison vraiment incroyable.

Julia Simon (FRA) – Manzoni/NordicFocus.

J’ai envie de me rendre compte de tout ça, il y a aussi faire le calcul pour le globe des nations. C’était le gros enjeu de la course d’aujourd’hui et les Suédoises sont bien placées. Je pense qu’on va “boire un coup” ce soir puisque demain, chacun sera dans son tourbillon. J’espérerai bien passer du temps avec le staff ce soir avec les coachs, les kinés, les techniciens pour les remercier parce que c’est un travail d’équipe.”

C’est la deuxième fois que mes parents se déplacent à l’étranger. Je suis pudique des sentiments, des émotions. J’ai du mal à parler et exprimer tout ça. Ils sont venus pour ma première Coupe du Monde me faire la surprise à Ruhpolding. Ça montre qu’ils sont présents dans ma carrière, ils l’ont toujours été, juste en me soutenant sans en faire trop. Les entendre au sommet de la première montée, c’était un super moment.

Crédit photo : Manzoni / NordicFocus