À un peu plus de 30 jours des Jeux olympiques de Milan Cortina, Éric Perrot se lance dès jeudi sur un mois de janvier très important pour la suite de son hiver.
Trois semaines importantes pour Éric Perrot
Éric Perrot va attaquer jeudi, sur le sprint d’Oberhof, un mois de janvier important, avec toujours autant d’ambitions. Deuxième du classement général de la Coupe du monde, le Savoyard a profité des fêtes pour recharger les batteries. Le numéro deux mondial est allé s’entraîner du côté des Saisies avec de superbes conditions sur place. Du temps passé auprès de ses proches, il est à présent“rechargé et boosté pour ce nouveau mois de compétition.”

“J’ai hâte de recommencer, se réjouit-il pour RMC. Il y a les Jeux forcément dans le champ de vision en février, ça sera forcément quelque chose qui va tenir la ligne tout du long de ces trois semaines en janvier. Je pense que ma forme est mieux qu’en début de saison et je pense qu’elle sera encore mieux en sortie des trois semaines. Il y a aussi ce gros objectif de maillot jaune auquel je pense. Ça me permet aussi de me focaliser sur quelque chose de plus court terme. Je vais prendre ce premier objectif et me concentrer beaucoup là-dessus.”

En ayant ce double objectif, gros globe de cristal/Jeux olympiques, Éric Perrot ne fera logiquement pas d’impasse ces prochaines semaines. “Je compte bien courir toutes les courses et je sais que ces courses-là me permettent d’être en forme aux Jeux, explique-t-il. Pour moi, c’est gagnant dans les deux sens”. Et dans la quête du dossard jaune, le Tricolore pourrait faire une bonne opération dès Oberhof. Malade, Johan-Olav Botn a annoncé son forfait pour la première étape allemande. 113 points séparent le Français du Norvégien, et 180 points seront en jeu dans le Land de Thuringe cette semaine. Si les maladies font partie du jeu dans une saison de biathlon, Éric Perrot est partagé sur l’absence de son adversaire.

“C’est frustrant dans un sens. Quand on est des bons compétiteurs, on a envie de gagner ça à la loyale. Les maladies font partie de notre sport malheureusement. Ça peut être compliqué de jouer le maillot jaune quand on tombe malade. Botn est tellement fort qu’il pourra peut-être continuer à jouer le maillot jaune pour autant. C’est un petit cadeau pour nous en tant qu’adversaire. Mais je pense que ça fait partie de la course au maillot jaune. Il y a beaucoup de facteurs qui rentrent en compte. Il y a forcément le fait d’être capable de gagner des courses, d’être à très haut niveau. Mais c’est aussi le fait d’être capable d’être présent sur chacune des courses, d’être en forme tout le temps et de pouvoir prendre le départ de chaque course. Aujourd’hui il nous ouvre une porte pour aller gratter des points.”
“Ce sont des nouvelles brutales et personne ne peut s’y attendre”
Éric Perrot en a d’ailleurs profité pour revenir sur la tragique disparition de Sivert Guttorm Bakken le 23 décembre dernier. Très touché, comme l’ensemble de la planète biathlon, le Français a également eu une grosse pensée pour Johan-Olav Botn, qui a découvert le corps sans vie de son coéquipier, et Tommaso Giacomel, sur place à Lavazè pour partager des séances d’entraînement avec le Norvégien. “Ce sont des nouvelles brutales et personne ne peut s’y attendre. C’est dur, c’est un peu traumatisant. Même de loin parce que je n’étais pas sur place forcément. C’est brutal et c’est dur.”

Il poursuit : “Mes pensées sont allées assez rapidement vers Johan-Olav et Tommaso qui étaient sur place et qui allaient s’entraîner ensemble. J’étais triste pour eux parce que je pense que ce sont des moments qui doivent être très difficiles à vivre. Malheureusement aujourd’hui ce sont peut-être aussi des contrecoups qu’ils subissent (la maladie de Botn, ndlr), mais je n’en sais rien, j’émets des hypothèses. J’espère qu’ils vont surmonter cette épreuve. Mais perdre un ami, perdre un compétiteur dans le biathlon, perdre tout simplement un humain, ce sont des moments difficiles. J’espère qu’ils arriveront rapidement à faire le deuil. De toute façon, on n’oubliera jamais, ce n’est pas quelque chose qu’on oublie. Faire le deuil pour continuer notre vie, leur vie, et continuer notre activité sportive aussi.”
Crédit photo : Thibaut/NordicFocus

