Jeux Olympiques

“On vient ici et on est exploités”, Elvira Oeberg en colère de ne pas gagner un centime aux JO

Médaillée d’argent sur le relais féminin hier, Elvira Oeberg, comme l’ensemble des Suédois, ne gagne aucune prime durant ces Jeux olympiques. De quoi énerver la Scandinave se sentant « exploitée ».

Les JO, une opération financière à perte pour Elvira Oeberg

Si les Bleus touchent des primes de l’État pour chaque médaille remportée sur ces JO (80 000€ pour l’or, 40 000€ l’argent et 20 000€ le bronze), ce n’est pas le cas de toutes les nations, notamment la Suède. Les biathlètes scandinaves ne touchent pas un centime malgré trois médailles décrochées jusqu’ici.


Elvira Oeberg (SWE) © Thibaut/NordicFocus

De plus, les biathlètes et leurs fédérations ont interdiction de mettre en avant leurs sponsors durant la quinzaine. Une situation qui fait fulminer Elvira Oeberg, toute nouvelle vice-championne olympique du relais féminin. Pour la Suédoise, il est aberrant que le CIO (Comité international olympique) ne donne pas de primes aux athlètes. Les Jeux olympiques sont tout simplement une opération à perte selon elle. « Je trouve que c’est vraiment nul. Nous venons participer aux Jeux olympiques, mais nous ne pouvons même pas montrer certains de nos propres sponsors », affirme Elvira Oeberg dans les colonnes d’Expressen.

Linn Gestblom (SWE), Anna Magnusson (SWE), Elvira Oeberg (SWE), Hanna Oeberg (SWE) © Thibaut/NordicFocus

Elle poursuit : « Je vais plus ou moins aux JO comme tête d’affiche, et pourtant il y a un risque que j’y perde de l’argent. Je ne gagnerai pas un seul centime si je n’ai pas de très bons contrats avec mes sponsors. Et là, seules les médailles comptent ». Pour la biathlète, les JO, tels qu’ils sont proposés aujourd’hui, ne sont plus en phase avec notre époque : « Cela remonte à l’époque où les JO étaient réservés aux amateurs, mais c’est une mentalité de l’âge de pierre. Tel que c’est aujourd’hui, on vient ici et on est exploités. Sans nous, les athlètes, il n’y aurait pas de Jeux olympiques. Mais même si c’est mon métier, je n’en tire aucun revenu. »

“Pour l’honneur de participer aux JO”, selon le CIO

Un positionnement que partage son coéquipier Sebastian Samuelsson, encore moins mesuré : «Regardez l’industrie énorme que représentent les Jeux olympiques et quels grands partenaires ils ont. Il y a clairement de la place pour cela. Je préfère que l’argent revienne aux athlètes plutôt que les dignitaires reçoivent encore un dîner chic ou séjournent dans des hôtels de luxe. Je pense qu’on peut partager le gâteau. »

© Thibaut/NordicFocus

Bousculé par les Suédois, le CIO n’a pas tardé à répondre. Pour les instances, c’est avant tout un « honneur » de participer aux JO. « Avant tout, les Jeux olympiques doivent porter sur l’honneur, la communauté et la représentation de son pays et non sur une récompense financière. Nous voyons notre rôle comme celui de réinvestir les revenus des Jeux dans l’ensemble du mouvement sportif plutôt que de payer des athlètes individuels. De plus, nous voulons préserver la tradition olympique et éviter un système qui pourrait créer des injustices ou déplacer l’attention des valeurs olympiques. »

Sur la saison 2024/2025, Elvira Oeberg a réalisé un chiffre d’affaires de 560 000€, dont 330 000€ de bénéfices avant impôts (contre 225 000€ pour Sebastian Samuelsson).

Crédit photo : Thibaut/NordicFocus