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Le biathlon : qu’est-ce-que c’est ?

D’origine militaire, le biathlon est un sport d’hiver combinant deux disciplines totalement opposées :  le biathlète alterne entre le ski de fond avec plusieurs boucles à parcourir et le tir à la carabine avec des cibles situées à une distance de 50 mètres. Une saison de biathlon dure quatre mois pendant l’année (de décembre à mars), rythmée par la Coupe du Monde, les Championnats du Monde ou bien les Jeux Olympiques une fois tous les quatre ans depuis les JO de Squaw Valley en 1960.

À la différence des autres sports d’hiver, le biathlon est totalement autonome vis-à-vis de la Fédération Internationale de Ski et est géré par l’Union Internationale de Biathlon (IBU) depuis 1993. Martin Fourcade et Ole Einar Bjørndalen sont les deux grandes stars de la discipline.

Relais simple mixte d’Ostersund 2019.

Les épreuves

L’Individuel : Plus ancienne course du biathlon sur le circuit, elle est également la plus longue avec une distance de 15 km pour les femmes et 20 km pour les hommes. Les biathlètes s’élancent toutes les 30 secondes pour une course contre-la-montre. Contrairement à tous les autres formats, il n’y a pas de boucle de pénalité: chaque cible manquée ajoute une minute pénalité au temps total. Une autre particularité de ce format est l’enchaînement des tirs. Quatre passages face aux cibles mais en alternant les positions de tir : couché, puis debout, puis à nouveau couché et une dernière fois debout. Le gagnant est déterminé par le meilleur temps qui comprend les minutes de pénalité ajoutées.

Le Sprint : Comme pour l’individuel, le sprint est une épreuve contre-la-montre mais réduite de moitié (7,5 km à parcourir pour les femmes, 10 km pour les hommes). Une épreuve de vitesse avec deux passages sur le pas de tir (couché et debout). Chaque cible manquée amène l’athlète à parcourir une boucle de pénalité de 150 m (soit 20-25s de pénalité). Les biathlètes s’élancent toutes les 30 secondes, mais dans des circonstances particulières, le jury peut opter pour des intervalles plus longs ou plus courts. Le gagnant est déterminé par le temps le plus rapide à l’arrivée. Les 60 premiers du sprint sont qualifiés pour la poursuite

La Poursuite : Course regroupant les 60 premiers du sprint pour une confrontation directe sur la piste. Les biathlètes parcourent 5 boucles pour une distance totale de 10 km pour les femmes et 12,5 km pour les hommes. Il y a quatre passages sur le pas de tir : les deux premiers en position couchée et les deux derniers en position debout. Les biathlètes s’élancent selon l’ordre d’arrivée sur le sprint avec les conservant les écarts : le vainqueur du sprint part en premier, suivi par le second et ainsi de suite jusqu’au 60e. Si des athlètes comptent plus de quatre minutes de débourre sur le sprint et qu’ils sont qualifiés pour la poursuite, alors ils s’élanceront tous quatre minutes après le leader. Comme pour le sprint, chaque cible manquée correspond à une boucle de pénalité de 150 m. Le vainqueur de la poursuite est celui qui franchit la ligne d’arrivée en premier.

Martin Fourcade sur la poursuite d’Ostersund.

La Mass-start : Surnommée “la course des rois/reines”, la mass-start regroupe les 30 meilleurs biathlètes du moment (25 premiers du général + les 5 meilleurs du week-end) pour un départ groupé. C’est le deuxième format de course le plus long avec 12,5 km à parcourir pour les femmes et 15 km pour les hommes. Il y a quatre passages sur le pas de tir qui suivent le même schéma que la poursuite avec les deux premiers en position couché et les deux derniers en position debout. Chaque cible manquée correspond à une boucle de pénalité de 150 m. Le vainqueur de la mass-start est celui qui franchit la ligne d’arrivée en premier.

Les Relais : Les équipes sont composées de quatre athlètes qui parcourent chacun la même distance : 6 km pour les femmes et 7,5 km pour les hommes sur 7,5 km. Départ groupé, Ils ont également deux passages sur le pas de tir (couché puis debout), mais contrairement à la plupart des épreuves individuelles, les biathlètes sont autorisés à utiliser trois balles de “pioche” si leurs cinq premières balles ne suffisent pas pour blanchir toutes les cibles. Si une cible reste encore debout après ces trois balles joker, alors l’athlète doit se rendre sur l’anneau de pénalité pour se rajouter 150 m supplémentaires (ou plus selon le nombre de cibles encore debout). Les balles de pioche sont chargées manuellement par l’athlète dans la carabine, une à la fois. Le passage de relais se passe dans une zone délimitée dans l’aire d’arrivée, et celui qui passe le relais doit obligatoirement toucher le corps de son coéquipier avec sa main pour pouvoir le lancer. L’équipe gagnante est celle qui franchit la ligne d’arrivée en premier.

Le Relais mixte : Même schéma que pour un relais “classique” sauf que comme son nom l’indique, le relais mixte est une compétition mixte avec des équipes composées de deux femmes et de deux hommes. Les femmes parcourent 6 km, les hommes 7,5 km. Deux passages sur le pas de tir pour chaque biathlète (couché puis debout) avec là aussi trois balles supplémentaires (huit au total pour abattre cinq cibles). Depuis 2018, il est désormais possible aux femmes de conclure le relais.

Le Relais simple mixte : Épreuve la plus récente sur le circuit (2015) mais également l’une au rythme le plus rapide qui comprend des équipes composées d’une femme et d’un homme par pays qui s’affrontent sur une distance totale de 6 km pour le premier partant (2 x 3 km) et de 7,5 km pour le second (1 x 3 km + 1 x 4,5 km) avec quatre passages au tir chacun. La boucle fait 1,5 km de long pour les hommes et les femmes, tandis que le tour de pénalité est réduit de moitié (75 m). Comme pour les autres relais, l’athlète a à sa disposition trois balles de pioche supplémentaires à charger manuellement si ses cinq  balles issues de son chargeur ne suffisent pas pour blanchir ses cibles. Le passage de relais est effectué directement après la sortie du pas de tir. Les femmes et les hommes peuvent commencer ou terminer le relais.

Mass-start dames d’Holmenkollen 2019.

Passage de relais entre les frères Boe sur le relais homme d’Ostersund 2019.

Derrière la carabine

Le pas de tir :

Un pas de tir compte généralement 30 tapis et chaque tapis fait face à 5 cibles. Pour les épreuves “contre-la-montre” (sprint & individuel), les quinze premières cibles sont réservées au tir couché, les quinze dernières au tir debout. Pour les épreuves en confrontation directe, les biathlètes s’installent selon leur ordre d’arrivée (le premier à la cible n°1, le deuxième à la 2 et ainsi de suite), sauf lors d’un premier tir d’une mass-start ou d’un relais où ils doivent se positionner sur la cible correspondant à leur numéro de dossard. Les tapis se trouvent à 50 m des cibles séparés par des fanions qui permettent à l’athlète de connaître la force et la direction du vent.

Pas de tir de Soldier Hollow.

Les cibles :

Le biathlète a pour objectif de faire basculer ses 5 cibles distantes de 50 m. Que ce soit pour le tir couché ou le tir debout les cibles restent les mêmes mais un cache permet de réduire leur taille en couché : 4,5 cm de diamètre contre 11,5 cm sur un tir debout.  Chaque cible manquée donne lieu à un tour de pénalité ou à une minute ajoutée au temps de course (individuel). Pour les relais, l’athlète possède trois balles supplémentaires qu’il doit charger manuellement. Si ses trois balles ne suffisent toujours pas, alors il devra tourner sur l’anneau de pénalité autant de fois que le nombre de cibles restant à blanchir. On peut abattre ses cibles dans l’ordre que l’on souhaite avec la possibilité de retenter sa chance sur une cible déjà manquée.

La carabine :

Le règlement est strict : la carabine doit peser au minimum 3,5 kg sans chargeur ni munition. Depuis 1978, le biathlon s’est détaché du monde militaire en passant à une carabine de plus petit calibre avec des munitions .22 Long Rifle à percussion annulaire. Le poids de déclenchement de la détente doit être au minimum de 500 g pour une question de sécurité et aucun système de grossissement de la visée est autorisé. Pendant la course, l’athlète porte sa carabine dans le dos grâce à des bretelles liées à un harnais fixé sur un côté de la crosse.

La carabine se compose de plusieurs pièces :

  • la crosse, en bois ou en matériaux composites ;
  • le canon composé de différents éléments de visée : la hausse (où on met l’œil), l’œilleton et la culasse avec un armement linéaire pour gagner du temps ;
  • une bretelle en cuir qui sert de point d’appui (avec le corps) lors du tir couché ;
  • les bretelles pour porter la carabine sur le dos ;
  • des chargeurs de cinq balles placés généralement sous le canon (plus des balles de pioche pour les relais placés sur la carabine) ;
  • des clapets qui protègent les organes de visée des intempéries.

Laura Dahlmeier au tir debout.

Sur les skis

Toutes les techniques de ski de fond sont autorisées dans le biathlon. Les biathlètes utilisent principalement trois styles pour se déplacer qu’ils varient en fonction de leur vitesse et du profil du terrain : le décalé (ou “pas de montée”) à faible vitesse dans les bosses, le “un temps” sur les plats ou plats-montants pour garder une vitesse élevée, ou le pas “combiné” utilisé dans les faux plats-descendants.

Dorothea Wierer en pas de monté.

Le matériel est similaire à celui d’un fondeur. Une paire de skis de skating (20 cm plus long que la taille du biathlète), d’une paire de bâton dont la longueur est similaire à la hauteur d’épaule et une paire de chaussures. Le ski doit avoir une largeur minimale de 40 mm sous la fixation, et peser au minimum 750 g sans la fixation.

Compétitions

Coupe du Monde :

Depuis 1978 chez les hommes et 1983 chez les femmes, La Coupe du Monde biathlon se déroule chaque hiver rassemblant les meilleurs biathlètes du monde. Elle s’étale sur 4 mois (de décembre à mars) et compte une vingtaine de courses individuelles réparties sur une dizaine d’étapes se trouvant le plus souvent en Europe. Comme décrit dans le tableau juste en-dessous, les courses apportent des points pour établir différents classements : ceux des spécialités (sprint, poursuite, individuel et mass-start), le classement général (le cumul des quatre spécialités) qui récompense le meilleur biathlète de la saison, mais également les classements par équipe (coupe des nations, relais). Les premiers de ces classements se voient décerner en fin de saison un globe de cristal : des petits pour chaque discipline et un gros pour le classement général. Une saison de Coupe du Monde est par ailleurs ponctuée par d’autres évènements internationaux. Les Championnats du Monde qui se déroulent chaque année (hors année olympique) d’une durée de quinze jours décernent des titres mondiaux et comptent également pour les différents classements de la Coupe du Monde. Les Jeux Olympiques, tous les 4 ans, sont des courses à part dans le calendrier depuis les JO de Sochi en 2014.

Martin Fourcade est l’athlète à avoir remporté le plus de fois le classement général de la Coupe du Monde, à sept reprises de 2012 à 2018.

N.B : Toutefois, à l’issue de la dernière course de l’hiver, il ne faut pas oublier de retirer les deux plus mauvais résultats de la saison afin d’établir le classement général final.

Johannes Boe vainqueur du général 2018/2019.

Attribution des points par épreuve :

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*De 1 point en 1 point jusqu’à la 80e place, puis de 2  points en 2 points pour arriver à 1 point pour la 110e place. Toutes les places suivantes obtiennent 1 point.

Championnats du Monde :

Comptant comme une étape de Coupe du Monde à part entière, les Championnats du Monde de biathlon ont lieu tous les ans, sauf les années olympiques, et décernent des titres mondiaux sur des courses d’un jour. La toute première édition s’est déroulée en 1958 à Seefeld en Autriche. Alors qu’à l’époque il n’y avait qu’une course au programme (l’individuel), aujourd’hui les mondiaux se disputent sur deux semaines avec douze épreuves (8 courses individuelles et 4 relais). Ole Einar Bjoernadalen est le biathlète le plus titré et médaillé sur les Championnats du Monde (45 médailles dont 20 titres).

Jeux Olympiques :

Tous les quatre ans au programme de l’hiver, les Jeux Olympiques sont des courses à part dans la saison depuis les JO de Sochi en 2014. Mis à part le relais simple mixte, tous les formats de courses sont au programme de la quinzaine olympique. Le biathlon est un sport olympique depuis les JO de Squaw Valley en 1960. Comme aux Championnats du Monde, Ole Einar Bjoernadalen est le biathlète le plus titré et médaillé avec 13 médailles dont 8 titres olympiques.

Marie Dorin-Habert réalise le doublé sprint/poursuite aux mondiaux de Kontiolahti 2015.

Ole Einar Bjoerndalen champion olympique du sprint à Sochi en 2014.